07 juin 2007
Brève de couloir
Voilà une partie de mon dossier pour postuler à une formation...tout est vrai! (Bien que j'ai omis les engueulades royales de la famille de l'Olympe, à 7h du mat!) S'ils avaient des grenades, nul doute qu'ils n'hésiteraient pas à les dégoupiller...
Mes voisins
Un immeuble d’un étage, au fond d’une impasse. Il semblerait que le couloir abrite d’autres portes que la mienne. Mais mes voisins n’existent pas. Ce sont sans doute des fantômes. Je ne connais leurs noms que par le biais de l’interphone. :
-Léo et Solenn : j’ai tout de suite aimé leurs noms. Léo, le lion, le roi. Solenn, le soleil : le roi soleil. Mais leur lumière n’est jamais parvenue jusqu’à moi. Je n’ai jamais réussi à savoir s’ils étaient amants, frère et sœur, ou simplement amis. J’ai parlé une fois avec Solenn. Depuis que Solenn est partie, Léo se terre. Un ermite ?
-Pierre : Je l’ai aperçu deux fois en huit mois. Il doit être étudiant. Lorsque je lui dis bonjour, il ne me répond pas. Il doit être sourd. A chaque apparition, il porte un sac rempli de dizaines de paquets de nouilles chinoises, et son appartement semble toujours plongé dans le noir. Une forme très rare d’intolérance alimentaire et d’allergie au soleil ?
-Les voisins du haut : ils siègent à l’Olympe, quelques marches en haut desquelles se situe leur appartement. Un 40 mètres carrés pour…une famille entière. Je ne fais que les entendre, comme un signal : très tard le soir, provenant du couloir, un galop effréné et un halètement bruyant crèvent soudain le silence. Après plusieurs attaques cardiaques, je ne sais toujours pas combien ils sont, mais je sais qu’ils ont un chien, adepte des balades au clair de lune. Vampires ne sortant que la nuit ?
Mes voisins n’existent peut-être que sur leurs boîtes aux lettres. Ils ne sortent ni ne rentrent. Ils n’ont jamais besoin de sel ou de farine.
J’en viens à espérer la coupure d’électricité qui nous fera nous rencontrer, nos bougies à la main, dans le couloir éteint. Jusqu’à la provoquer ?
Non, parce qu’il y a Skander : il me vrille les oreilles avec son RnB tonitruant, et ses films de yakusas japonais écoutés à pleine puissance, alors que je ne jure que par le rock, Jarmush et Clint Eastwood. Il est fiancé, mais héberge souvent Delphine, sa collègue pizzaïolo, « sans aucune ambiguïté ». Il me fait profiter gratuitement de sa connexion Internet, de sa clé à molette, de son aspirateur, de ses bras pour déverser mes pleurs. Lorsque je lui demande un œuf, il me donne son frigo. Il vient à minuit me demander de la moutarde. Je le croise tous les jours, mais par tranches de cinq minutes. Si mes voisins sont des fantômes, Skander est un vrai courant d’air. De ceux qui font claquer les portes. Mais la sienne est toujours ouverte.
Il m’a demandé hier si je parlais de lui, dans mes textes. C’est maintenant chose faite.
11:10 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

Commentaires
Finalement, tu n'as qu'à skander son nom pour que le courant d'air devienne un marchant de choses...
C'est un immeuble magique en somme...
Ecrit par : Baff | 07 juin 2007
Tu peux toujours frapper à la porte de Pierre et demander nonchalamment "t'aurais pas des nouilles chinoises en rab ? justement mon stock est épuisé ..." ;-)
Ecrit par : cecileplum | 08 juin 2007
Est-ce qu'on fait des Baff sur Lyon ? Si oui, je suis preneuse. Merci !
Ecrit par : [aMèLe] | 08 juin 2007
"Est-ce qu'on fait des Baff sur Lyon ?"
Ma foi... je crois que ça ne se fait plus, modèle trop instable à ce qu'il paraît et puis c'était déjà de l'importation à l'époque...
Enfin, je dis ça mais c'était peut-être un appel à l'affrontement physique à peine déguisé... Une fan(e) de boxe ?
Mais mince, je suis nul, on met un "e" au féminin à fan ?!
Ecrit par : Baff | 09 juin 2007
non pas de e !
C'est pas un mot frenchy ça ..
Ecrit par : cecileplum | 10 juin 2007
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