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28 février 2008

Psychanalyse

Sur France Inter ce matin, j'ai entendu la voix maintenant familière de ce cher Nicolas parler d'Idriss Déby, le président du Tchad, en ces termes:

"Ce n'est pas parce qu'un gouvernement est légitime qu'il peut faire n'importe quoi". On n'appellerait pas ça un transfert?

26 février 2008

7 à la maison, +1 et je retiens 3

L’auberge espagnole ! Le partage ! Les bavettes du soir !

La coloc, c’est vu comme ça. 

Mais y’a aussi les côtés un peu moins reluisants, qui étincèlent quand même, et brillent de mille feux, surtout quand on ne les a pas sonnés.

Et l'auberge espagnole devient l'auberge c'est pas drôle.

Fidèle à moi-même, j’ai donc commencé tôt. Avant même d’emménager, y’avait un problème. Déjà le bail consistait en un gigantesque schmilblik fonctionnant au turn-over, à la sous-location et au bordel au long cours. Frédo m’a dit : « Tu prends la place de Bidule qui part en Australie un an, quand elle revient elle reprend ta chambre, qui est en fait la sienne. » Ok. Donc pendant un an, je serai avec toi Fredo, et avec Irma ?

« Non », dit Fredo, moi, finalement je me barre d’ici un mois, il faudra trouver un sous-locataire, par contre tu peux prendre ma place sur le bail. Irma reprendra donc ma chambre, le sous-locataire, celle d’Irma, et toi, quand Bidule reviendra d’Australie, et qu’elle te pique ta chambre, qui est en fait la sienne (oui, tout ce rose et vert, ça peut pas venir de moi…) tu prends la chambre du sous-locataire. Mmhhh ??? Ouais. On verra…dans un an,  hein…

"Et en ce qui concerne la caution...et ben les 1600 euro dorment au chaud chez la proprio, après on se débrouille entre nous quand y'en a un qui déserte le navire: on se rachètera nos parts de caution", Frédo avait parlé. Je venais de comprendre que je devais lui filer 550 euro et que je pouvais juste prier pour les voir réapparaître de la main du futur locataire qui me remplacerait sur le bail un jour prochain, pour me racheter ma part, donc. Une partie de Monopoly endiablée.

Là, on en était déjà à galère+3.

Si on parlait du fonctionnement concret, au fait ? Genre, le loyer ? Bidule à l’aut bout du monde, restant sur le bail, continue à payer son chèque à l’agence tous les mois et le sous locataire la remboursera, non ? Bah ce serait un peu simple, et ici on aime bien les shadoks, alors plutôt, moi et Irma, on a qu’à payer aussi pour bidule, et le sous loc nous rembourse moit’/moit’, comme ça, bidule, elle a pas à s’embêter au cas où le sous-loc nous ferait des sales coups. Ben voyons. Ayant à peu près réussi à rétablir le cours normal des choses, je me croyais à l’abri. J’ai donc sommé Bidule de payer, et l’ai rassurée en lui disant que de toute façon, tout le monde paierait, comme convenu, qu’un coloc malhonnête, ici, c’était pas encore arrivé.

Ah, si, c’était arrivé à galère+7 mais antérieurement, quand j’ai appris que le coloc précédant Irma, Igor, avait signé des chèques en pur chêne (du bois, quoi) pendant des mois et qu’il avait disparu sans laisser de traces, laissant derrière lui un sillage de 630 euro d’impayés, à régler par les autres (solidaires). Donc par nous. Bah oui, on a encore reçu une lettre la semaine dernière. Et comme sa mère est la femme du père de Bidule, Bidule a dit qu’elle règlerait ça : je m’en souviens, c’était au moment où mon stylo s’apprêtait à signer le bail. Depuis, c’est toujours en cours. Je lui ai fait confiance car je me disais que Bidule était bien placée pour savoir si la mère d’Igor était sérieuse, vu qu’elle se fait son père. En tout cas, elle était surtout bien placée pour voir qu’Igor avait pas été élevé loin du pommier, en gros, que la mère était pire que le fils, que ça allait être chaud, mais ça, elle en a rien dit. Sans doute une histoire de loyauté envers papa.

Et même si Igor n’est qu’un prénom pour moi (+ un écran plat, qu’il a laissé, et une peluche éventrée pendue à la porte d'entrée, symbole de la vengeance de Frédo et Irma) et ben théoriquement, étant dans l’appart, je dois cet impayé à l’agence autant que Bidule et Irma (Frédo ayant résilié le bail, il est hors-d’atteinte).

175 euro de frais de dossier d'avenant au bail (le mien), + 175 autres euros de deuxième avenant au bail (Irma), plus tard, la nana de l'agence nous dit la bouche en coeur que si on avait fait les deux avenants le même jour, on aurait payé qu'une fois. Ca fait cher la signature, la prochaine fois je lui demande un autographe sur la facture.

Je suis en tout cas l'heureuse locataire d'une galère, avec les rames et tout.

Mais les galères ont ceci de particulier qu’elles vivent en meute, et s’empilent telles des légos. C’est ainsi que vendredi, Frédo me déclare tout content qu’une amie en dèche vient squatter 3 semaines. Après renseignements, cette « amie » arrive tout droit d’Internet, et « dèche », ça veut dire qu’elle trouvait pas d’intérim à Lyon et pense qu’on en trouvera + à Paris, même si elle a pas d’appart, et bref, ça veut dire qu’elle va venir squatter quoi, et qu’elle a pas de boulot, et qu’elle participera à que dalle parce qu’on va pas lui faire payer quoi que ce soit si elle est SDF.

Quand j’arrive ce soir à 19h, avec une attente de RER de 45 minutes dans les pattes, une journée de merde et une seconde lettre de l’agence soulignant encore les frasques de loyer de 600 euro de notre bien-aimé Igor dans la boîte aux lettres, Squatteuse est sur le canapé, devant la télé, avec…chéri. Oui, oui, son mec. J’ai eu peur d’avoir une hallu.

J’ai peur aussi d’avoir un peu trop laissé dépasser de bave au coin des lèvres, babines retroussés et écumantes. Faut pas me chercher, ces temps-ci. Mais son mec, il peut pas la loger, non ? Après tout, un couple, c’est fait pour vivre ensemble, c’est des concessions, c’est…de la compréhension, de l’empathie, de l’amour, un mariage, trois gosses et un bouvier bernois si y’a de la place, bref, c’est m’éviter des galères, à moi pauvre pécheresse qui n’ai rien demandé au ciel, la preuve, je suis agnostique.

Il me répond qu’il vit chez sa mère, en allumant une clope sans me demander l’autorisation, fenêtre fermée, ce qui a pour effet d’enflammer en même temps le petit bout de ras-le-bol qu’il me restait à déverser aujourd’hui, et qui rougeoie, incandescent, sur le bout de ma langue quand je lui demande d’ouvrir la fenêtre-je-fume-pas-merci (et je me retiens de demander qui de nous deux est le plus chez soi en cet instant, j’en suis au stade où j’aurais très bien pu me planter d’appart tellement je capte rien). Si ce n’était pour moi, il aurait pu faire preuve de tact et de délicatesse envers Nago, chinchilla de son état et donc de santé précaire.

Avant qu’on ne me taxe de fermée d’esprit, je répond que…que…que…que ! Voilà ! Juste marre !

 

Mais Frédo ne pouvait-il pas juguler cette haine en moi ? Non, pendant ce temps-là, par la bouffe alléché, Frédo avait planté ses invités pour aller au resto. Comme ça, ils me les laissent, plantés sur le canapé, à me torturer avec un dilemme terrible, à me demander si je dois aussi leur faire à bouffer ou s’ils pourraient prendre comme le summum de l’impolitesse le fait de me voir me rapatrier dans ma chambre en quatrième vitesse…ce que j’ai fait, juste après avoir fait à chéri de Squatteuse un petit café, dans un mug qu’il a eu la gentillesse de rapporter dans l’évier (il a quand même été bien dressé faut croire), mais sans le laver, faut pas pousser, l’eau ça fripe les doigts.

Entre-temps, Irma, avec son chéri respectif (bah oui, sinon, ça mériterait pas un billet ici), m’a dit qu’elle avait trouvé un sous-locataire pour le départ imminent de Frédo : son cousin Léopold, mais qu’il voulait pas payer les charges, vu qu’il serait pas souvent là. NON MAIS HO ! Et puis moi, quand je prends une semaine de vacances, j’ai qu’à soustraire le quart de ma part de loyer aussi, et puis si je fais ta vaisselle deux fois dans le mois, j’enlève 10 euro de charge en eau parce que j’aurai lavé des plats que j’aurais pas salis et tu veux pas le cul de la crémière aussi ? J’ai signé pour qu’on soit trois, pas deux et demi avec des trucs en plus à payer. Et j'ose même pas penser au partage de la taxe d'habitation, dans un an, et à la redevance télé.

Je suis fatiguée, je voudrais une vie comme tout le monde, avec des fleurs, des oiseaux, et des gens normaux. Lecteur, si tu as prévu de me contrarier, fais-le maintenant, cette semaine. Je suis dans la vibe, dans le flow, c’est le moment !

P.S: Tous les prénoms des protagonistes ont été changés.

P.S 2: C'était aussi pour le plaisir de râler, depuis le temps. Parce que tout ce qui est bien, je ne le dis pas, mais y'en a :)

15 février 2008

Séances de rattrapage

Encore un billet de pur cataloguage des derniers films vus:

 

Les promesses de l'ombre c90d0f7664ceffdaf11de86852890b58.jpg

Je ne suis pas méga inspirée pour en parler: ça m'a vachement plu, pourtant...univers de la mafia russe, mais en-dehors de ça, peu de personnages, bien creusés psychologiquement (Vincent Cassel en alcoolo notoire, Viggo Mortensen en agent double imperturbable), et surtout pas d'effets gratuits. La scène de baston à poil dans le hammam est hyper impressionnante, purement animale...une occaz de voir toute l'anatomie de Viggo...un peu noyée dans l'hémoglobine, certes...!

 

Les chansons d'amour

 

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Je n'avais pas vu Dans Paris, le précédent film de Christophe Honoré, jugé apparemment pseudo intello. Cui-là déroute un chouïa au tout début, univers plutôt bobo mais surtout libéré...Louis Garrel crève l'écran, et fait preuve d'une sensualité débordante, alors qu'a priori, c'est pas le candidat idéal. Clothilde Hesme est toujours aussi fraîche. (On dirait que je parle d'une laitue...) et c'est elle qui résume d'ailleurs le film dans la chanson: "Je n'aime que toi". ("Je suis le pont sur la rivière, qui va de toi, à toi, traversez-moi, la belle affaire...embrassez-vous sur moi").

En réalité, c'est un libertinage plutôt mignon qui est le prétexte d'un drame, autour duquel les persos se révèlent tous plus universels les uns que les autres. Eux, c'est nous, que ce soit couples à trois, fuite en avant, ou encore mauvaise foi criante.

En général, le réflexe primaire qui vient ensuite est de se jeter sur la bande originale, qui est magnifique (et qui fait moins sens quand on n'a pas vu le film, ce qui peut sembler évident...)

De fait, il s'avère que les comédiens n'ont pas du passer des masses d'heures en cours de chant (mention spéciale à Chiara Mastrioanni, qui a les cordes vocales en berne), mais ça ajoute au charme du film: le côté amateur, fragile, du chant, renforce la position des personnages, sur le fil du rasoir, et ajoute de la crédibilité, du vécu, du réel, quoi!

  A écouter surtout: "La Bastille", "Inventaire", "Les yeux au ciel".

 

It's a free world

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Une bonne claque dans la tronche que ce film de Loach hypra réaliste, absolument cru et révélateur des failles de la société d'aujourd'hui. Kierston Wareing est tout simplement une victime qui devient bourreau le plus naturellement du monde, parce qu'elle n'a plus rien à perdre. Les persos sont ambivalents, ils ont tous de bons prétextes pour exploiter les autres, mais aucune excuse.

 

Juno

Je sors du ciné mais je viens seulement de capter le titre "Junon". Comme la femme de Zeus (pourtant, ils en parlent, dans le film!), la femme de Zeus donc "à la fois très belle...et très méchante"...Juno, c'est le prénom de cette ado de 16 ans qui le porte parfaitement bien.

Elle est: Moqueuse, cynique, spontanée, provoquante, mais avec une vraie sensibilité au fond (le fameux chamallow caché sous le cactus) et surtout, elle est très...enceinte. Cette ede6cc1c97bcdd84b66b16377e8c08fd.jpgcomédie de Jason Reitman (Thank you for smoking) est présentée comme le nouveau bijou du ciné indépendant américain. Ouais, ses parents préféraient encore qu'elle se drogue, tout, plutôt que "ça", et les parents adoptifs valent le détour en tant que coincos chicos de banlieue résidentielle, mais tout est réaliste, les dialogues, bien vus, et c'est rafraîchissant (la vache comment je suis nulle en critiques ce soir!). La BO est à elle seule une ptite merveille, notamment la chanson du générique de début: "All I want is you" de Barry Louis Polisar, surtout que le générique, où Juno marche dans la rue, matérialisée au crayon, présente bien le ton du film.  A écouter aussi: "vampires", d'Antsy Pants, 2ème chanson du générique de fin.

J'oubliais quand même de saluer les prestations d'Ellen Page, l'actrice principale, et de Michael Cera, qui paye carrément pas de mine mais qu'est irrésistible. 

 

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