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30 juin 2008
Sur quel pied danser...
...Cette Valse avec Bachir qui m'a ouvert la fête du ciné de bon matin hier ?
Des deux pieds, le droit et le gauche, des deux mains (pour applaudir), des deux yeux, pour l'esthétique du graphisme, des deux oreilles, pour la musique. Des...26 chiens enragés qui courent, donnant le ton, dès le début.
Et si tout cela se déroule comme dans un rêve, une accumulation de souvenirs, d'hallucinations et de morceaux de mémoire tronqués, si l'on se laisse "bercer" par le bruit d'une guerre maintenant loin de soi, tant géographiquement que temporellement, la réalité nous saute à la gorge dans les toutes dernières minutes. Et le film nous laisse juste avec nous-mêmes, et une seule impression : Peut-on encore avoir foi en l'Homme ?
Après l'Arménie, Auschwitz, on se demandait si les Hommes pouvaient encore être capables de ça.
Réponse : Sabra et Chatila, 1982 (sans parler du Rwanda).
Et la seule réflexion qui vient ensuite, c'est celle qui me fait me demander si l'Homme serait encore capable de ça ?
Et bien oui. Ce film ne rappelle pas un massacre, ne commémore pas un drame, il ne fait que montrer ce qui est et qui existera toujours dans l'espèce humaine. Il ne fait qu'annoncer les prochains charniers.

12:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires
Imagine un peu ma réaction le jour où j'ai vu la pièce Rwanda 94... 6 heures de "spectacle" avec à l'intérieur 2h de conférence pour justement comparer Auschwitz et le rwanda, plus 2h d'une femme seule en scène qui raconte son calvaire, plus 2 heures de lecture de liste de noms, âge et qualité des victimes... J'ai pas pu parler pendant deux jours, j'ai fait que pleurer.
Ecrit par : DooSAnillaH | 30 juin 2008
Je rajouterais : Srebrenica, l'Opération Condor, Tibhirine... A l'évidence, non, les hommes ne tirent jamais de conclusions de leur passé sanglant.
Comme tu l'as très justement écrit, "Valse avec Bachir " est un très très beau moment de cinéma, une claque encore plus violente que "Persepolis".
Et il me semble important de préciser que la guerre n'est pas finie, et que le Liban (comme ses voisins) est encore une plaie béante.
Ecrit par : [aMèLe] | 01 juillet 2008
Cette fois je l'ai vu. Et en effet, j'en suis ressortie aussi choquée qu'après Rwanda 94. En tout cas, c'est fou à quel point la guerre peut-être poétique dans ce film. Le graphisme est génial. Les couleurs sont folles. Le scénario simple et efficace. Mais je ne peux toujours pas passer outre le fait qu'il y ait des chiens et des chevaux tués. Ca, je peux pas. Ou encore moins que le reste, quoi.
Ecrit par : DooSAnillaH | 15 juillet 2008
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