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30 juillet 2008

Zone rouge

Ou ZEP, comme Zone à Education Prioritaire.la_zona,0.jpg

La zona, un film que j'ai été voir fin juin et que j'ai dû laisser macérer en espérant peut-être que ses vapeurs toxiques se distilleraient dans l'air purifié de mon idéalisme chronique ?

Hem hem...encore une bonne tranche de drame servie sur un plateau, tragédie de rigueur, choc psychologique, mais je dois aimer ça ! Ce film est donc en quelque sorte l'apanage des masos, l'hymne des névrosés, le culte des désespérés. 

Les réalisateurs sud-américains sont en général bien servis sur le plan humain. D'Inarritu en passant par (la Lorraine) et par Carlos Saurin, monsieur Rodrigo Pla de son état n'y fait pas exception.

Il nous sert un condensé de haine intersidéral, une boule de nerfs en pelote qui ne demande qu'à être déroulée tout au long d'un film auquel il ne reste que ses yeux pour pleurer.

Mais pourquoi tant de métaphores, et si peu sur l'histoire elle-même ?

Parce que ce film est un symbole à lui tout seul.

Des gamins s'introduisent dans la "zona" d'une ville sud-américaine pour cambrioler une villa.

La zona kézako? Un ghetto serti de murs comme autant de pierres précieuses, où les friqués s'enferment et fabriquent leur propre peur, leur violence. Il ne s'agit pas de xénophobie, mais de phobie tout court.

Suite à un accident, la propriétaire se fait flinguer, ainsi que deux des voleurs. Il en reste un, pas plus de 13 ans au garrot et tout mouillé, une crevette qui n'a rien compris au film mais qui vit pourtant un terrible cauchemar, 1h38 de traumatisme.

Toute l'hostilité d'un groupe de nantis qui ne savent pas trier le bon grain de l'ivraie, qui ne connaissent pas la morale tout court, un bataillon de 'soldats civils' comme vous et moi, nourris à l'animosité et à la fureur.

Et le réalisateur nous balade de la légitime défense à la notion de droit, jusqu'à la cruauté la plus animale.

De telle manière qu'on passe d'un camp à un autre, des résidents aux flics, jusqu'à la proie, victime d'une chasse à courre lancée sur un élan funeste (c'est la dernière fois que je prends de la mescaline au ptit déj). 

Il y a un peu du 1984 d'Orson Welles (lorsque les habitants préparent la semaine de la Haine), dans ce destin de bouc-émissaire sacrifié sur l'autel de la connerie humaine. La Zona est un microcosme de notre société, de ce qui arrive chaque jour à petite échelle dans les cours de récré, dans les pays en développement, et de ce qui pourrait arriver si un charismatique bonhomme se ramenait sur le devant de la scène même ici, en France, et parvenait à mener au sommet de leur art nos peurs les plus primales...

28 juillet 2008

Tapage nocturne

J’étais depuis longtemps à l’affût de ce genre d’histoire qui manquait dans mon blog : le truc universel connu depuis la Préhistoire, qui a même pu contrarier le pithécanthrope de base, le petit grain de sable, le caillou dans la chaussure, le détail qui tue. Je l’ai trouvé cette nuit : le moustique, le ridicule, le minuscule, le nabot volant, l’avorton infinitésimal qui se croit obligé de s’annoncer avec tambours et trompettes pour te dire qu’il va te pomper jusqu’à la moelle, et surtout, pulvériser ta nuit, nuit qui va se muer en chasse à l’insecte de deux millimètres sur mur blanc.

Alors, voilà comment ça se présente : tu rentres d’un we de deux jours ailleurs. Donc tu aères ta chambre en ouvrant la fenêtre, parce qu’en plus il fait très chaud.

Tu penses une fraction de seconde à l’éventualité du risque du moustique, risque balayé d’un revers de main (revers qui aurait été bien plus utile sur le nuisible, en passant).

Tu te couches, sans couette parce qu’il fait chaud, toujours.

Bzzz. Il arrive, imperceptiblement.

Un ‘bzzz’ de petit joueur : Comme la première goutte au début d’une averse, qu’on ne veut pas avoir senti sur le dos de la main.

Bzzzzz. Plus insistant, se rapprochant dangereusement de tes tympans.

Début de ‘L’enfer’, une longue ligne de chemin de fer, qui va durer des heures, en une série d’attaques et de contre-attaques savamment orchestrées depuis la nuit des temps.

 
Plan A

Tu allumes la lumière dans l’espoir fou de détecter l’intrus, la tache noir sur le mur immaculé. Mais l’évolution a plus d’un tour dans son sac et nous a pondu un concept d’un machiavélisme indécent : le moustique ne se meut que dans le noir, de manière à ce que le BZZZZZZ, sorte de GPS portatif bien pratique pour nous les humains, devienne inaudible quand la lumière EST, empêchant toute localisation de la bestiole, à moins d’avoir des loupes à la place des yeux (mais l’évolution nous a oubliés de ce côté-là).

Non, les moustiques ne sont pas des papillons de nuit. Ils ne se précipitent pas, excités, sur la lumière, comme Icare sur le soleil -ou comme les usagers de la ligne de métro 14 sur les places assises en ce moment, petit aparté-.

Car le moustique planque. Il planque, peinard, entre ton oreiller et ton sommier, dans un ailleurs inaccessible, n’attendant que ta disponibilité pour étaler sa nappe de pique-nique à carreaux rouges et blancs sur ta peau sans défense.

Ainsi, lassé, après une heure de bons et loyaux services de l’interrupteur en mode jour/nuit, jour/nuit, que ne renierait pas Jacquouille dans « Les visiteurs », tu passes au plan B.

 
Plan B

Va dormir ailleurs : après une demi-heure de canapé conçu pour les contorsionnistes, tu te dis que tu préfères encore le moustique. Retour à la case départ.

 
Plan C

Un répulsif : ok, si tu veux que ta chambre sente le Zyklon B pendant toute la nuit (ou ce qu’il en reste), vu que tu n’as pas prévu de masque à gaz dans ta panoplie du parfait dormeur.

Répulsif genre citronnelle : tu déconnes ? Tu peux me jurer avoir encore de la citronnelle chez toi ? T’es quoi au juste? Le survivant d’une époque révolue?!

Et surtout, un parfait naïf :  ça ne marche plus, la citronnelle, même Loana sait ça, l’évolution a encore fait évoluer les moustiques, je ne fonde plus aucun espoir dans le concept de citronnelle. Dans le pire des cas, la citronnelle est une douce fragrance aux narines raffinées du moustique contemporain.

 
Plan D

Te résigner à ton sort, tu n’as plus qu’à. (Spéciale dédicace à Yoda).

Tu n’as plus qu’à aller rejoindre ton lit comme on va à l’échafaud, sourd aux imprécations BZZZiques du moustique affamé. Tu te caches sous la couette, crevant de chaud.

Tu commences à t’endormir, espérant qu’il attendra au moins le moment où tu pionces, fragile et vulnérable, pour venir exécuter son sale boulot : et bien non. C’est au moment où tu plonges dans un sommeil sans rêves qu’il revient bzzbzzeter à tes oreilles, te réveillant complètement, et tu moulinettes des bras pour tenter vainement de chasser cet être fantomatique, évanescent, insaisissable, qui ne laissera aucune trace concrète, si ce n’est de gros boutons rouges au matin.

Il disparaît quelques minutes pour mieux revenir, avec le BZZZZ assourdissant de l’attaque imminente.

Tu te rends cette fois complètement, avec le drapeau blanc et tout.

Tu bazardes la couette, livré pieds et poings liés (ou plutôt écartés, comme quand on fait la planche), à la morsure vorace de ce gnome microscopique né pour tuer…toute résistance.

Et là, plus rien, silence radio, tu es là, livré en pâture à la bête, et la bête te snobe, t’ignore.

Tu en es au stade où tu tends le bras en hurlant : « allez, le casse-croûte est servi, misérable microbe, bouffe, viens bouffer, tu peux me pomper tout ce que tu veux, tous les globules et même les cellules, mais fais-le en silence, LA FERME ! TA GOULE ! Viens becqueter mais TAIS-TOI, c’est tout ce que je te demande ! ». Toujours rien.

Ou même : « Bouffe, si t’es un homme ! », même si y’a comme une contradiction, vu que seules les femelles moustiques piquent (ça sent la blague misogyne arriver, elle n’arrivera pas).

Tu finis par t’endormir, paisible ou presque. Le monstre n’attendait que ça, ta reddition, pour effectuer sa besogne macabre.

Résultat au matin, 3 heures de sommeil en moins et des démangeaisons royales.

 

Et non, tout ce qui est petit n’est pas mignon !

Otez-vous ça du crâne !

 

 

 

 

 

 

01 juillet 2008

Et puis deux touristes

Ptit clin d’œil à Clémence qui appréciera le titre de ce post, faisant référence à un film vu au ciné y’a pas très longtemps…

Avouons qu’il convient particulièrement à notre épopée post ciné d’hier soir (autre ciné, autre film). Ciné suivi d’une balade nocturne spontanée dans notre propre ville, qu’on a pu redécouvrir, tout autant que les touristes croisés ça et là…

Un peu d’interactivité pour changer : je vais vous proposer le récit à peine enrobé des faits réels tels qu’ils se sont passés, mais à certains moments, apparaîtront des QCM. A vous de faire le bon choix ! (fou ce que je m’amuse). La véritable version avec les réponses exactes seront mises en ligne en commentaire, quand deux ou trois glandeurs auront participé.

 
Hier soir, 21h30, sortie du cinéma Lincoln, sur les Champs-Elysées, un air estival nous enveloppe de sa douce température. (Je vous préviens, tout le récit sera hyper bucolique).

Nous décidons Clémence et moi de « marcher un peu » et nous dévalons l’avenue jusqu’à la place de la Concorde, où :

a)   Des japonais mitraillent l’obélisque comme s’ils étaient en Egypte

b)   Des voitures sont arrêtées partout, embouteillage monstre, et klaxonnent de concert

c)   Nous avons du mal à nous frayer un passage, sur cette place parée pour les festivités du 14 juillet et ceinte de barrières

 

Au loin, des étincelles de couleur chatoyantes nous emmènent dans un monde féérique. Oui, nous somme à la fête foraine des Tuileries. Une maman promène son gamin de 2 ans, je suis estomaquée par son pistolet en plastique, à cet âge, et c’est comme ça qu’on se retrouve avec des films comme « Valse avec Bachir » !

Nous admirons les tarés qui, deux par deux, prennent place à bord du, « secoueur » sorte de boule qui est retenue par un élastique, puis lâchée d’un coup, et qui part faire sa vie dans tous les sens en les secouant comme des pruniers. A côté, la pêche aux canards nous attire, tels des papillons de lumière (clin d’œil à Cindy Sander). Nous dépassons finalement le stand sans pêcher car :canard.jpg

a)  Les canards étaient trop moches, on le fera plus tard, ailleurs, là où leurs couleurs seront moins passées

b)  La dame n’a pas voulu qu’on pêche, parce qu’on était trop graaaandes :-(

c)La dame est trop conne, elle vient d’engueuler un gosse qui avait fait tomber son canaaard

 

Tout à coup, Clémence me tire violemment par la manche, enfin, par la bretelle de ma robe, robe qui me permettra plus tard dans ce récit de rejouer Marylin Monroe au-dessus des bouches de métro, pour me dire « Claire ! Regarde, y’a... »

 

a)Emma de Caunes

b)  Julie Gayet

c)Daphné Roulier

 

Effectivement, à ma droite, cette charmante jeune femme se tient avec son compagnon et son gamin, ou plutôt se tire à toute vitesse, mais j’ai le temps d’apercevoir dans les mains du gosse :

 

a)   Le Porcinet qu’il vient de gagner à la machine « attrape-nigauds »

b)  Une barbapapa

c) Un…pistolet en plastique, tiens donc…

 

marily99.jpgNous continuons notre route après avoir admiré la merveilleuse grande roue illuminée, s'ensuit la scène de la robe et des bouches de métro, et nous débouchons (ça fait moins glam, comme mot), place du Palais Royal, sur laquelle une pièce de 10 cents à mes pieds ne demande qu’à être ramassée. Ce que je fais, en la laissant glisser tout au fond de mon sac de fille (plein à ras bord, allez donc la retrouvez en y plongeant la main…).

Seuls sur la place, tels deux oiseaux, un couple à rollers accomplit des figures : la fille virevolte tandis que son keum la filme avec une mini DV. On leur propose de les filmer, tous les deux, on se fait méchamment jeter.

Heureusement, nos oreilles sont attirées par une douce mélopée en provenance du pavillon Richelieu, un petit passage avec une acoustique de cathédrale. Nous nous dirigeons vers le bruit, et au moment où je lance la poétique phrase : « Mais il est où, le mec qui joue ? », au détour d’une colonne sur ma droite apparaît :

 

a)Une accordéoniste hippie qui joue divinement bien

b)Un ptit vieux dont on ne voit que le magnifique saxophone qui brille sous les lumières du passage

c)Un jeune flûtiste qui sublime ce lieu déjà sublime

 

Naturellement, ma main plonge dans mon sac de fille et parvient à retrouver illico la pièce de 10 cents, à l’aveuglette, qu’elle dépose dans la housse de l’instrument, sa place bien méritée, en fixant droit dans les yeux le musicien (la musicienne) qui termine sa complainte mélancolique.10_centimes_d_euro_pile.jpg

Bercées par « La vie en rose » nous arrivons au pied de la pyramide du Louvre, illuminée et au pied de laquelle batifolent des touristes (dont quelques français).

 

Nous repartons. (Super la phrase). Châtelet, 23h30, terminus de la « petite balade » qui aura duré deux heures. Soudain, entre nous deux, en train de taper un texto, passe…

 

a)  Christophe Willem

b)  Kamel Ouali

c)  Lio

 

Sur le quai du RER, mon i-pod perd connaissance. Il m’a déjà fait quelques malaises, mais là, c’est l’arrêt cardiaque. Je tente une réanimation : pomme, écran noir, pomme, écran noir, et finalement…

 

Blue.jpga)  Il décède, après sa dernière sortie nocturne

     b)  Je le ressuscite, mais jusqu’à quand ?

     c)   Un mec qui arrive comme une torpille sur ma droite me le fauche au passage

 

Voila, à vous de jouer…!

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