20 août 2008
Viennoiseries
Voilà quelques viennoiseries :
De vrais croissants, en demi-lune, des brioches confiture, mais pas de pains au chocolat…
En voici d’autres, moins comestibles :
Des églises, des châteaux, des rues étroites, des monuments, massifs, des trams, des trains, des vignes, des forêts, des musées, des violons, des goulaschs, des métros, des brunchs, des cafés, des sachertorte…
Vienne !
Vienne, au début, paraît difficile à digérer. Dès le décollage, on a droit à des vidéos de bouquetins du Tyrol arrosés de l’orchestre philarmonique pour l’ambiance sonore, Danube bleu, Strauss and co.
Dès l’avion, ambiance “kitsch-chantilly-too much-baroque-rococo”, (expression dont on a le copyright Clémence et moi, attention !) et ça ne s’arrange pas à l’arrivée.
Métro Wien-Mitte, encore appelé « Land strasse », voici l’arrêt « Châtelet les Halles » viennois.
Un tour dans le centre historique par moins 17 degrés (enfin, pas plus de 17) et sous un crachin que ne renierait pas Quimper. Nous parcourons les rues bordées de bâtiments énormes, imposants, massifs, monumentaux, dont pas deux ne se ressemblent, aux façades mi stuc mi carton-pâte, avant d’arriver à la Hofburg : LA résidence 36 hectares de Sissi et consorts, que nous boycotterons allègrement durant le séjour.
Les viennois ne sourient pas, ça doit aller avec le climat, et apparemment, ils ne comprennent pas non plus l’auto-dérision.
Saucisse obligatoire (avec fromage, ketchup et moutarde, allez hop) pour ce premier dîner autrichien.
A l’évidence, nous sommes des latines, pas eux. Dans le Leopold Museum, j’ai l’indécence de parler avec les mains, et de les approcher à moins de 10 centimètres d’un tableau de Schiele. Le gardien se précipite sur moi, en furie, m’ordonnant de reculer, et me précisant que ce tableau vaut : « des millions d’euro ». Et moi qui pensais qu’il s’agissait d’une vulgaire croûte…zut alors, si j’avais su…je serais restée au centre de la pièce, à 25 mètres de l’œuvre ! ;D
Il m’a tenue à l’œil pendant le quart d’heure suivant, me filant à la trace dans les deux salles d’après.
Oui, comme d’hab, je ne parle que de ce qui ne va pas, je me plains, je râle, je force le trait…et ce serait injuste vis-à-vis de Vienne.
De la maison de la musique, ludique et superbe, où l’on apprend que Strauss était la « pop star » de l’époque, que Beethov n’a jamais trouvé la femme de sa vie, et que Mahler ne composait qu’en été.
Injuste aussi vis-à-vis de ses trésors cachés à quelques kilomètres, entre Krems et Melk, sur les rives du (beau) Danube (bleu ? plutôt verdâtre…), et du côté de Durnstein, classé au patrimoine de l’UNESCO : à ma gauche, dense forêt, à ma droite, vignes en étage, forts et châteaux, où nous montons pour obtenir une des plus belles vues qui soient (après la gare RER de Vitry ;D). Au milieu, une goulasch bœuf-sauce tomate et…chantilly.
Cette vision froide et injuste, c’est d’ailleurs que je la lis, honteuse, dans mon guide, en attendant le train Melk-Vienne:
« On se gardera de croire que Vienne est une ville éteinte, lugubre et crispée, où le temps se serait figé à jamais […]que Vienne se résume à la ronde infinie des palais du Ring et à la pesanteur de la Hofburg […] que tous les Viennois sont des veaux, même si certains pratiquent la xénophobie à leurs heures perdues […] il y a indubitablement un art de vivre, un parfum et une décontraction qui rendent la ville aimable. »
J’ai bêtement l’impression d’avoir sali la ville de mes viles pensées de la veille. Comme si j’avais jugé Paris après n’avoir visité que la rue de Rivoli.
Il est vrai qu’à Vienne, on trouve peu de grosses artères, et que les gens semblent sereins, à leur manière. On peut même les voir rire, même s’il faut pour ça aller jusqu’au Rathaus, l’hôtel de ville : pendant qu’un écran géant diffuse une symphonie de Bruckner à la nuit tombée, à quelques mètres de là, des viennois enthousiastes trinquent à la bière, attablés au centre d’une immense place où toutes les nationalités se sont retrouvées pour proposer leur cuisine à emporter.
Le soir, le Prater, parc aux 250 attractions, somme à la fête foraine des Tuileries d’aller se rhabilller. Les « chaises volantes » culminent ici à 30 mètres d’altitude.
Enfin, on ne peut éviter Sissi éternellement. Au début réticentes, ne se limitant, au château de Schönbrunn, qu’au zoo, au brunch, et à la Gloriette, on a fini par enfiler sagement nos audioguides pour se farcir 22 salles en 35 minutes. Un aperçu du passé…
Les 30 degrés aidants de la fin nous ont permis de retracer le centre, cette fois ensoleillé, pour un dernier coup d’œil à la cathédrale Stephansdom, le cœur battant du 1er arrondissement, et de goûter enfin aux pâtisseries Demel.
Retour avec un arrière-goût de « on aurait bien poussé jusqu’aux faubourgs extérieurs », sous la flotte parisienne, par 17 degrés…
C’est à ce moment-là que je suis censée dire : « On reviendra…» ???
Pour les photos, c'est à droite ! (en diaporama, vous n'aurez pas les commentaires textes...)
20:28 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vienne, autriche, ville européenne, baroque

Commentaires
C'te frayeur, j'ai bien cru que ça t'avait pas plu et j'étais désolée pour toi, j'ai bien fait de tout lire! Ton diapo m'a trop donné envie d'avoir été là, mais bon, j'étais pas là! Maintenant je veux y aller bordel! Je pensais pas que t'aurais le courage de faire ta note aussi vite! La reprise doit être abominable maintenant!
Ecrit par : DooSAnillaH | 21 août 2008
hé hé hé
c'est fait exprès, le début du post !
J'ai adoré ta syntaxe dans: "m'a trop donné envie d'avoir été là", ça sent vachement l'hypokhâgneuse :D
La reprise n'est pas abominable du tout avec mes chouettes collègues et le boulot que j'aime faire !
Ecrit par : La fille en robe rouge | 21 août 2008
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