19 septembre 2008

Pour quelques ravioles de plus

Ca a commencé par un e-mail mystérieux envoyé à une de mes collègues et qu’elle m’a transféré.

« Hey !

J'ouvre les portes de mon incroyable appartement pour une grande fête entre amis jeudi 18 septembre, et vous y attends à partir de 20h. »

Signé « l’homme… » (une chaîne de télé du câble à la place des points de suspension).

Cela ressemblait fort à une soirée promo, mais je suis toujours partante pour jouer les pique-assiettes !

Après renseignements (au compte-goutte, faut garder le suspense, surtout) il s’avère que cette petite sauterie, dans un loft de la plus belle avenue de MontmÂrtre, a pour but de faire découvrir " le mode de vie 'type' "du cœur de cible de ladite chaîne de télé, ladite cœur de cible étant un homme, de sexe masculin (hou hou sans blaaague), entre 25 et 39 ans.

J’arrive donc, amadoue les gorilles à l’entrée, et me retrouve donc compressée au milieu de 500 personnes une flûte de champagne à la main, dans le blÂbl mondain de la pub et des média. Un doute affreux m’assaille : mais qu’est-ce que j’fous là ?

En même temps, c’était prévisible. Histoire d’en profiter un peu, je visite.

Alors voilÂ, « l’appartement type de l’homme urbain entre 25 et 39 ans » est un cube de 200 mètres carrés avec terrasse sur le toit, patios divers, jungle (assaillis d’arbres, on traverse une espèce de pièce en marchant sur des bouts d’écorces). Au fond, un pianiste s’éclate. Par un escalier dérobé, on accède à une mezzÂnine derrière laquelle se cache la chambre, dont le mur abrite des niches où s'étalent 25 paires de baskets différentes.

Oui. C'est hyper représentatif de cette génération.

Je me demande pourquoi je ne table pas direct sur un loft pareil, au moins, y’a la place de se mouvoir et d’organiser des soirées privées.

Pff, après ça, tous les apparts que je vais visiter vont me paraître vaguement étroits.

Heureusement, j’ai pris soin de venir avec des gens normaux, et nous critiquons en chœur les snobs en train de se déhancher sur les injonctions d’un gigolo embauché pour l’occaz, sur un sol transparent qui laisse entrevoir la salle de muscu en sous-sol.

Alors on parle, on se moque allégrement en picorant les brochettes de boeuf et les tartinettes de courgettes qui passent régulièrement à notre portée, on succule (du verbe "succuler") les minuscules verrines de lentilles corail et les divines ravioles au fromage, servies dans des soucoupes à café. Faut croire que la mode est à la mini gastronomie.

Hey, homme type de 25 à 39 ans, va falloir mettre les bouchées doubles pour nous impressionner. En attendant, les ptits plats sont dans les grands, et nous, on met les pieds dedans, en observant et en critiquant toujours plus allégrement ce milieu indigeste dont on fait pourtant partie.

Une fois qu'on a eu bien mangé, on est partis digérer. Chez nous. Et c'est là qu'on s'est dit que, quand même, on faisait perdurer le système, dans l'histoire...tout ça pour des ravioles au fromage...

La gourmandise est vraiment un vilain défaut…et un plat qui se mange chaud !

Visite ici:

http://www.dailymotion.com/DISCOVERY_CHANNEL_FRANCE/video...

Commentaires

D'accord ! moi je croyais que tu débloquais quand tu parlais d'etre invitée dans une soirée "hype-coke-t'es-tro-VIP!" Je me demandais qui pouvais t'envoyer ça... Je me demandais aussi quand tu allais être confrontée au syndrome publicitaire "99 francs"!

Ecrit par : DooSAnillaH | 19 septembre 2008

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