24 novembre 2008
Tics tics tics tics et tocs de langage
Je ne sais pas si on peut parler d’insomnie quand on n’a pas encore essayé de dormir, et qu'on tombe de sommeil, a fortiori (ça fait bien cette expression) qu’on ne s’est pas encore couché, qu’il n’est pas encore minuit, que le carrosse n’est pas transformé en citrouille, (et si ça se trouve, que la citrouille n’a même pas été changée en carrosse, c’est dire s’il est tôt !). Bref, qu’est-ce qui nous fait rester en veille alors même qu’on baille aux corneilles? Je suis ptet trop fatiguée pour aller me coucher, des fois ça arrive. Le pire, c’est quand tu crèves la dalle et qu’en même temps tu pionces sur place : t’es souvent trop crevé pour te faire à manger, ou même micro-onder, mais t’as trop faim pour t’endormir. L'âne de Buridan nous avait pourtant prévenus...
Bref, tout ça pour dire que moi, quand j’ai une insomnie, j’essaie d’être philosophe. En d’autres termes, je me dis que, tout comme y’a des jours où vaudrait mieux rester couché, ben c’est comme ça, y’a des nuits où vaudrait mieux rester levé.
Et quand j’essaie de comprendre le sens de cet aphorisme (c’est bien ça ?) et ben ça me fatigue, alors je me rendors. Enfin, je m’endors tout court, à supposer que je sois bien partie me coucher.
Je vous endors là, non ? Si, y’en a un qui ronfle au dernier rang : tiens, c’est un truc de dingue, ça, pourquoi les cancres sont-ils toujours au dernier rang ?
Ou à côté du radiateur, alors qu’on sait tous que les budgets dans l’éducation nationale ne permettent pas un tel luxe en hiver ?
Et pourquoi quand on essaie d’évaluer le temps qu’on va mettre à arriver quelque part, on dit « j’arrive dans un ‘gros’ quart d’heure », « une ‘petite’ demie-heure », c’est limite de la discrimination temporelle, si on fait pas gaffe ça deviendra bientôt "j'arrive dans un quart d'heure obèse plein de graisse, mais s'il fait un petit régime crétois en route, avec un peu de chance j'arriverai plus tôt". On pourrait quand même dire « 20 minutes » ? ça n'engage à rien. Apparemment, si !
Et pourquoi on dit toujours : ‘à la limite’, ‘du coup’, 'et là', et tout et voila quoi en fait bref tu sais pas quoi ?
Bah nan, justement, j'aimerais le dire une fois pour toutes !
JE SAIS PAS, NON, JE SAIS PAS, MOI, CE QU'EST CE QUOI !!!
Mais j’ai réfléchi aux tics de langage. Et j'ai compris: imaginez un monde sans ‘et là’, ‘tu vois’, ‘ouais ouais’, ‘ça roule’ et‘voila quoi’. Ca serait vachement plus direct quoi tu vois.
Ca ferait des phrases horriblement...vides, tu m’étonnes c’est clair.
Genre, tu racontes ton we : « Elle m'a répondu ça, et là, c’est clair, quoi, tu vois, qu’en fait, du coup,bon, ça roule !"
Sans, ça donne: « Elle m'a répondu ça………………………………………ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh y’a plus de motttts, tous les mots ont disparu !!!
Tu vois, quoi. Bref.
Pfffff toujours cette insomnie.
Ca a commencé hier quand je me suis rendue compte qu’en fait, j’étais très bien dans mon appart que je voulais pas quitter.
Des questions naviguaient dans ma tête, à vue, jusqu’à rencontrer l’iceberg : « tu crois qu’on peut annuler un préavis ? ». Et j'ai dit que oui. (Remarquez que chez moi, les collisions avec les icebergs, c'est quand même pas très violent, ça fait pas 1500 morts).
Je RESTE , comme dans questions pour un champion, et c’est pas parce que pour une fois je suis tombée du lit ce matin et que j’ai sauté sur le quai du RER en 10 minutes pour être en avance, et que ce p…de RER avait été supprimé pour cause de grève, que j’allais changer de décision, j'aime mon appart, donc j'aime Vitry, donc j'aime ses RER !
(je pensais que Proust avait le monopole des phrases plus longues que moi, va falloir réviser les statistiques et les classiques).
Je pars ensuite du taf toute motivée pour essayer de trouver l’idée du siècle pour un truc avec un nom qui ressemble à Barbara Gould mais c’est pas ça :D
Mais le destin en avait décidé autrement : la grève subsistait. Mais bon, concernant Vitry, c’est pas nan plus quand je me suis retrouvée à l’âge de glace, ce soir, fossilisée sur le quai de Biblio à attendre 45 minutes, que je vais changer d’avis. C’est Dieu qui me met à l’épreuve (il a la gueule du vieux de la montagne dans les 12 travaux d’Astérix). Mais en attendant, c’était pas Barbara Gould (enfin, sa copine) qu’allait me réchauffer (ouais, elle aurait pu me réchauffer les neurones, mais c'est tout). J'ai donc laissé tomber la réflexion pour aller hurler dans ma cuisine ensuite (les murs, et les voisins, accessoirement, s'en souviennent).
En tout cas ces mascarades RERïques vont bientôt se terminer, vu que je vais bientôt quitter cet appart, enfin, y rester. Et puis demain, j’irai au boulot en transplanant, voilà, quoi ! Je me demande pourquoi je me prends autant la tête…en fait.

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16 novembre 2008
Anniversarum
Ravioli, rigatonni, spaghetti, cannelloni, tiramisu, Vatican...vous y allez quand ?
Oui Rome c'est tout ça, les ruelles, les fontaines, les façades ocres et délavées, le Tibre comme une petite rivière toute mignonne qui veut de mal à personne, les ponts de pierre du siècle, que dis-je, du millénaire dernier, les églises par centaines où se cachent des Caravage, les places partout où il y en a (de la place...), des obélisques sur chaque place, des fontaines sous chaque obélisque, des glaciers à côté de chaque fontaine.
Des ruines en pagaille, comme des décors de cinéma,un cirque éteint, à demi effondré, au loin, deux bouts de colonnes, trois arcs de triomphe, quatre atrium, de la terrasse du Capitole.
Et des thermes, ces baignoires à grande échelle, oubliées, sans eau, de quoi y perdre son latin...et se paumer, tout court, mais faites gaffe aux pavés: dessous, on n'y trouve pas la plage, mais plutôt les entorses !
A noter aussi que le train de nuit Paris/Rome a toujours au moins 3h30 de retard, ce que les italiens nomment en fait "ponctualité".
Voila, je ne vais pas vous faire la blague du "tous les chemins y mènent", mais c'est tellement vrai, en regard de chaque monument, chaque église et chaque fontaine, que je vais vous la faire, en fait : tous les chemins mènent à Rome, et le plus tôt sera le mieux !
Photos in rubrique "photos", toujours pareil, ne les regardez pas en diaporama pour pouvoir lire les commentaires, tellement plats cette fois qu'ils ressemblent à des tagliatelles...mais cliquez sur la première puis suivante par son titre en haut à droite.
Rien à voir mais pour tous les absents du New Morning, y'a une chanson là avec Martha High et ma super prof de chant (à gauche), Kristle (qui doit s'arracher les cheveux quand elle m'entend sur Ben Harper, "That's the power of the gospel yeaaaaaah" :D)
http://www.youtube.com/watch?v=MByXWadaMNI
21:49 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : rome, capitole, navona, vatican, trastevere, barcaccia, sixtine
03 novembre 2008
Sable émouvant
Le temps passe tel du sable qui nous file entre les doigts et...yes ! j'ai ma transition !
Et voici comment, il y a déjà un mois, j'ai passé un samedi (pas soir) sous (et pas sur) la terre .
Enfouie dans les profondeurs, les entrailles terrestres, dans le 77, un bon début pour ensuite m'attaquer (peut-être, quand j'aurai acheté des bottes, hem hem) aux catacombes...
La carrière de sable du Puiselet n'est donc pas à ciel ouvert, c'est une grotte faite entièrement de sable, et remplie de sable compacté par les ans, de sable plus blanc et plus fin que le plus fin et le plus blanc de tous les sables à l'Ile Maurice ou ailleurs. Pour l'info, je crois que c'est Canon qui l'utilisait il y a encore peu pour fabriquer ses objectifs.
Il y règne une ambiance étrange, hors du temps, on se faufile sous la caverne et on s'enfonce de bon coeur dans le sable comme à la plage (la mer, le ciel, et le soleil en moins, quand même). Arrivés déjà essoufflés dans la grande salle (que je sais plus son nom, ah si, "le Colisée", à moins qu'il ne s'agisse tout bêtement de "la grande salle"), on plante des bougies et c'est parti pour un gueuleton de dattes, crêpes et...cannelloni en conserve chauffés à la cire. Le 'guide', qui n'est autre que le pote de votre coloc, ne reconnaît pas certains endroits, "effondrés depuis la dernière fois". C'est le moment pour lui demander innocemment si ça ne craint finalement pas de rester sous une voûte de sable certes compactée, mais compactée si elle veut. Il vous répond: "ben on sait jamais, si, c'est dangereux". Vous regardez votre saucisson, qui n'a plus la même gueule, et qui a désormais un arrière-goût de risque non mesuré.
Nous repartons arpenter les salles, en croisant ça et là des mini chauves-souris surprises en pleine hibernation et qui déploient doucement leurs ailes genre: "barrez-vous j'ai pas encore bu mon café". Croisant aussi d'autres explorateurs, torches antiques en main.
Il faut à un moment (si possible quand on se sent bien paumé) éteindre toutes les torches et rester immobile dans le noir et le silence, que ne troublent ni...métros, ni collègue de...boulot, ni même ronronnement du frigo quand vous faites...dodo.
Et faire une minute de silence pour le mec en train de mourir au même moment au fin fond de la Colombie septentrionale (ou ailleurs).
C'est le moment de rentrer...et de se rendre compte que toutes les galeries ressemblent à toutes leurs copines galeries à travers le monde, qu'elles font toutes 3 mètres au garrot et qu'elles n'ont aucun élément différenciant. En gros, que toutes les galeries ne mènent pas à Rome (prochain billet :D)
On se dit qu'on aurait dû comme le Petit Poucet semer des ptits cailloux blancs, en se faisant ensuite la réflexion qu'au milieu des grains de sable, c'est pas non plus l'idée du siècle. On soupire de soulagement, rassuré que cette fabuleuse idée qui ne nous ait pas traversé l'esprit au moment M n'aurait en fait servi à rien, mais pas plus avancés.
Heureusement, Roud retrouve le chemin et ramène ses brebis égarées sur la rive.
On est sortis de la grotte, il faisait déjà nuit, et, dans tous les sens du terme, on a remis les pieds sur terre...
Voir ci-dessous des photos, je ne connais pas ces gens mais eux au moins avaient leur appareil photo (ptet un Canon, dont bizarrement l'objectif était sans doute fait du même sable qui risquait de le rayer ensuite...)
http://karakas.chez-alice.fr/divers/cr/carriere/puiselet/...
21:33 Publié dans Journée | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : carrière de sable, puiselet
