09 mars 2009
Enfoiré de pollack de ta race
Et je pèse mon titre. Enfin, mes mots... ils font environ 3 tonnes 5 au garrot.
Si je m'emmêle les pinceaux, les considérations entre le poids, la taille, la couleur et le grain du tableau, ou plutôt de la peau, c'est parce que je le digère encore. Ce pavé dans la mare, la mer, oui carrément, ce pavé dans la mer. Enorme, le pavé. Ce soir, j'ai été au cinéma pour la première fois, ou peut-être la deuxième...dans ces eaux-là.
Et un pavé, à digérer, ça prend du temps, pas mal de sucs, pas mal de mouvements de la mâchoire, j'y serai encore dans 15 jours, le temps qu'aurait mis le fils de Walt à aller chercher ces foutues chaises à la cave.
Alors voila, Clint, moi, je sais pas. Je ne sais pas si je suis dégoûtée du cinéma, parce qu'après ça, on aura du mal à être au niveau, à nouveau.
Ou si ça m'a encore plus donné envie de m'y mettre, aussi, d'ajouter mon grain de sel dans le potage, ou mon grain de sable dans les rouages, puisque de toute façon je n'ai pas ton talent.
Clint est un bouledogue, un berger allemand, il grogne, il serre les dents. Et à la fin, on serre les poings, et les paupières. Et certains partaient avant la fin du générique, et certains parLaient, avant la fin du générique, avant même d'être sortis, certains parlaient, blasphémaient, limite.
Clint, la seule chose que je peux te dire, c'est que tu es un sale enfoiré de ta race, un des derniers, peut-être, de cette race des gens qui sont nés pour quelque chose. Et quand tu crèveras, j'aime autant te le dire, enfoiré, quand tu laisseras le cinéma tout seul, il chialera comme un con, l'écran s'allumera plus, ce sera un pavillon noir, et la pelloche sera en deuil.
23:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires
aaaaaaaah! toi! dans mes bras, espèce d'enfoirée!
Ecrit par : DooSAnillaH | 12 mars 2009
Chère Claire,
Je te le confirme : ce film sera un pavé lourd à digérer pour moi aussi. Lourdes à digérer surtout les louanges unanimes autour de Clint Eastwood.
Je t’entends déjà me rabrouer en me disant qu'on ne touche pas au grand Clint. Evidemment, j'aurais été plus consensuel en m'en prenant à Danny Boon... Mais restons sérieux ; je ne vais pas comparer Clint Eastwood à Dany Boon. Quoique…
Pour commencer, on pourrait déjà noter que les deux ont produit un film qu’ils ont réalisé et interprété. La différence, c’est que Dany est beaucoup moins crédible en postier bourré que Clint en vieil ermite irrité par sa famille, ses voisins, les jaunes, les noirs, les jeunes, les vieux, les curés, les bonnes femmes, la vie, la mort.
Car c’est vrai qu’il fait diablement bien le mec énervé Clint. Tu le dis toi-même ; il grogne, il montre les dents : c’est un bouledogue. Et sachant qu’on aime ça, il nous en donne du bouledogue. En fait il nous en donne non-stop pendant 116 longues minutes – tu m’excuseras de ne pas avoir compté les rares plans où il n’apparaît pas.
Alors pour les inconditionnels, qui sont plus venus pour Clint que pour Gran Torino, c’est du bonheur. Mais pour moi, ça nuit un peu à la qualité du film. Parce que quand on n’a qu’une seule expression faciale on est obligé de trouver des substituts peu élégants d’un point de vue cinématographique pour faire passer les émotions. Clint, lui, choisit de nous annoncer à voix haute ses sentiments tout au long du film. Un peu décevant comme jeu d’acteur, non ? Ce genre d’apartés dans une mauvaise pièce de boulevard je veux bien, mais dans un film de Clint Eastwood…
Si on n’est pas adepte du petit numéro de Clint, on n’est pas consolé par les personnages, véritable catalogue de clichés : le curé, les jeunes du gang, mais surtout Walt. LE vétéran de film américain. Hanté par son passé, solitaire, taciturne mais avec un franc parler qui déroute. Puis cet ultraconservateur bourru va apprendre à aller au delà de ses vieux préjugés grâce à son voisin. A se demander si ce n’est pas exactement le même Walt qu’interprétait (avec plus de subtilité) Robert De Niro dans Personne n’est Parfait(e)*.
Même les situations sont caricaturales, à commencer par la scène pivot, où Walt va changer et décider d’être amical : La gentille dame fait tomber ses courses, les jeunes sauvageons se moquent d’elle alors que le gentil ado en manque de repères court l’aider. Tellement laborieusement démonstratif que même le héro n’a pas besoin (pour une fois) d’exprimer à haute voix ce qu’il ressent. On le comprend dans son regard approbateur : "Hmmm… Contre toute attente il est civilisé pour un niak. Je vais arrêter d’être intolérant et remplacer son père absent." Hautement vraisemblable.
Au final c’est donc un film plutôt mal ficelé, qui surnage juste parce que Clint Eastwood a une vraie "gueule"… et que c’est Clint ! Mais il tient tellement à ce que tout le monde comprenne - même le type arrivé 25 minutes en retard et qui ne peut pas lire les sous-titres à cause du mec trop grand devant lui - qu’au final on n’y croit plus tellement les ficelles sont grosses.
D’accord avec toi, Claire : un pavé dans la mer. Pas beaucoup de vagues donc…
* http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=22898.html
Ecrit par : Guillaume | 14 mars 2009
Salut Guillaume,
merci pour ta critique. Alors désolée de te décevoir, mais je ne vais pas du tout te rabrouer (tu t'ébroues bien tout seul de la vague que tu as reçue apparemment).
Ce que tu dis est justifié. Le grand Clint, le grand Clint, mais je n'avais en tout cas aucun a priori sur Clint...aucun. Et qu'il soit narcissique n'est pas un fait nouveau.
Tu parles de grosses ficelles, les mêmes dont je n'ai pas arrêté de parler à propos de "million dollar baby", tellement cousues de fil blanc que ça faisait des noeuds, et là pour le coup on peut parler de "remplacer son père absent", d'ailleurs.
Ce que j'ai essayé de dire dans ce billet sur "Gran Torino", c'est que...pour une fois, je n'ai rien analysé. Je n'ai ressenti qu'un bon dosage entre tous les ingrédients pour me permettre d'obtenir une émotion nette et précise, sans ajouts, sans colorant ni conservateur, une émotion que j'ai vraiment pas demandée. J'ai eu un coup d'universel avec ce film, et c'est précisément parce que j'ai seulement ressenti, parce qu'il a eu le pouvoir d'éliminer tout sens critique en moi, que c'est un grand film (populaire, d'ailleurs). Et qui se lit à tous les nouveaux. Habituellement, je suis la 1ère à trouver les personnages stéréotypés, etc, mais qd tu parles des gangs, du vieux amer revenant de la guerre, des caricatures pareilles, d'un côté tu as raison, d'un autre côté, ces personnages sont vrais. Et je trouve qu'il y a infiniment plus de nuances que ça...
Les personnages évoluent...et ce n'est pas juste: "je ne veux pas me confesser" et plus tard "je viens me confesser", c'est jusqu'au bout la même idée, la même personnalité...il ne change pas ! jamais...juste, il s'ouvre. Et c'est un cliché, mais malheureusement c'est vrai, et le cinéma fonctionne quand il parle de quelque chose de vrai...
Ecrit par : claire | 15 mars 2009
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