03 juin 2009
2 américains à Paris
Comme j'aime écumer les transports parisiens la nuit, j'étais dans le RER de 0h15, hier soir, à Invalides.
Et que s'est-il passé dans le RER C à Invalides à 0h15 hier qui mérite d'être relaté ? qui est venu ? qui a vu ? qui a été vaincu ?
Bon, en fait c'est pas si palpitant que ça mais faut bien faire monter le suspense.
Deux touristes me forcent à enlever les écouteurs sacrés de mon "peau d'orange", de mon pod donc, alors que j'étais en train d'écouter "A sunday smile" de Beirut (non moins sacré), pour me demander si ce RER avait bien prévu une petite descente à gare d'Austerlitz.
Après réponse positive, j'aurais pu en rester là, faire comme tous les parisiens de base (et surtout faire comme avant la Malaisie, ou encore faire comme si de rien n'était) bref, me trouver une place et les laisser vaquer à leurs occupations toutes touristiques (relire le paragraphe "RER et insécurité" ou "Les parisiens, ronchons de base au coeur tendre" du Lonely Planet).
Mais non, j'ai repensé au fait qu'en voyage, les gens n'ont qu'une seule envie, qu'on leur parle, et aux malais qui adressaient la parole au moindre bipède portant un sac à dos, et je leur ai posé LA question qui a rythmé tout le voyage, à savoir :
"Where do you come from ?"
Question qui ouvre la porte à bien des fenêtres (d'action), si j'ose dire.
Le couple était Massachussetien. Ils me demandent des conseils sur la France (d'en haut, d'en bas) à visiter, étant donné qu'ils allaient rester 2 mois dans l'Hexagone. Je m'empresse de leur conseiller Nantes (on se demande bien pourquoi), ce à quoi ils s'empressent de réagir: "Oh, Nantes, like the song, do you know Beirut ?" et voila, CQFD. J'aime bien les CQFD.
La vie est mal faite, j'aurais aimé avoir tout juste écouté "Nantes" plutôt que "A sunday smile", mais bon.
Le problème avec les américains (et autres anglophones) c'est que, quand tu commences à baragouiner quelques mots dans la langue de Shakespeare, ils en déduisent illico que tu es bilingue. Je n'ai donc principalement rien entravé au débit de paroles du jeunot, débit que n'aurait pas renié un barrage rompu sous les flots. Ce qui ne m'a pas empêchée d'acquiescer de toute ma tête (poliment). En espérant qu'il n'ait pas glissé: "Are you a silly girl ?" entre deux phrases en guise de test.
Tout ça pour dire que cette discussion impromptue presque à bâtons rompus était très sympa, ça change des parisiens qui font la gueule.
Alors quand vous voyez des touristes, quand ils vous font l'honneur de vous parler (même et surtout si c'est pour vous demander comment aller à Chauffour les Etrechy en faisant un crochet par la ligne D), répondez-leur, et continuez! Echangez, communiquez ! Le monde sera plus beau, l'herbe, plus verte, et surtout, vous voyagerez un peu...
11:35 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

Commentaires
Hasards et coïncidences...
Toi aussi, fais avancer la science : http://www.facebook.com/group.php?gid=65300653603&ref=ts !
Ecrit par : Amèle | 03 juin 2009
Ta soeur est aux Ponts et Chaussées ? vla le gène de l'intelligence les soeurettes :)
c'est elle qui administre l'étude ?
excellent ! j'ai mailé au mec pour lui raconter ! merci ! vivement les résultats !
Ecrit par : claire | 03 juin 2009
remarque, ça aurait été marrant, aussi, qu'ils te demandent direct : "doyou knox Etrechy ?"
Ecrit par : DooSAnillaH | 05 juin 2009
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