23 juillet 2009
La fête du ciné 2009
Quand je disparais de mon blog trop longtemps, en général, je reviens avec un billet ciné.
Allez savoir pourquoi.
La fête du cinéma 2009 fut prolifique.
Amerrika

Quand une palestinienne paumée émigre en Amérique avec son fils en pleine guerre du Golfe, ça fait quelques étincelles, plutôt réalistes.
Un ptit film intimiste pas ennuyeux pour autant, actuel et chaleureux !
Un américain à Paris (oui, je reste dans la « Christophe Colomb’s vibe »)
Un film de claquettes déjà pas tout jeune, mais qui passait au Majestic Passy, précédé d’un ptit
spectacle de tapdance fort charmant et...complexant : ok, les danseuses avaient entre 8 et 15 ans de pratique derrière elles, mais quand même, ça les autorise pas à me mettre la branlée de ma vie (elles arrivaient à faire des folies de leurs pieds, et à sourire en même temps, les enfoirées).
En ce qui concerne le film, Gene Kelly est toujours mon petit favori, et les répliques font mouche. Son pote le pianiste déclare : « je suis pianiste virtuose. C’est la manière la plus snob que j’ai trouvée pour dire que je suis sans emploi ». J’en ai déduit que ça marchait aussi pour « écrivain ».
Ponyo sur la falaise
Un Miyasaki pour les mioches, poétique et magnifique, quoique un peu lent.
Les scènes de mer (comment ça, y’en a dans 99% des plans ?) sont particulièrement tonifiantes (je
sais pas si c’est le mot) bref, noyez vous dans ce dessin animé, ça coule tout seul, c’est un raz-de-marée de couleurs et une musique qui submerge (je sais, je sais...trop de jeux de mots les tuent.)
Looking for Eric
J’attendais le nouveau Loach avec frénésie depuis It’s a free world...
Un chouïa déçue, par les « fuck » intempestifs du personnage principal, qui alourdissent un peu les dialogues...et scénario pas assez immoral pour moi (connaissant le Loach).
Cantona joue bien, la scène de vengeance est marrante, sans aller jusqu’au roulage par terre non plus...
Le sens de la vie pour 9,99$
Que voila un ptit film original et absurdo-sympathico, avec une musique magnifique :
L’idée, adapter des nouvelles israéliennes avec des figurines en pâte à modeler en guise de comédiens, saisissants de réalisme...et d’amertume. A voir !
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2009/04/28/le-sens-d...
Coraline
Un dessin animé d’horreur dont j’attendais des miracles…
Si la réalisation artisanale (figurines again) est admirable, l’histoire pèche un peu par son tournage en rond...on s’ennuie...et les décors fantastiques ne parviennent pas à nous tenir en haleine...de plus, je m’attendais à frissonner de concert avec les 200 autres spectateurs...pas à bailler. Cela dit, ce serait dommage de partir avant le générique...de début, qui est superbe (la poupée en train de se coudre).
Whatever works
Woody, I love you ! Remplacé dans le rôle principal par un autre comédien, c’est tout de même Woody... Woody et ses questions existentielles transpirent par tous les pores de Larry Clark. Woody et ses dialogues au poil, amers, nihilistes et profondément humanistes, en fait. L’éternelle guimauve qui se cache derrière le cactus.
Comme dans Vicky, Christina, Barcelona, il parvient à nous faire adhérer à un univers loufoquo-détraqué, complètement improbable...et on plonge.
Sunshine cleaning
2 sœurs qui lâchent tout pour ouvrir une entreprise de nettoyage de scènes de crime : l’idée est visionnaire, amusante, et on ne soupçonne pas l’écheveau familial derrière tout ça.
Un film qui creuse la psychologie de tous ses personnages et qui fait place à une émotion contenue et crédible. Une histoire de famille, qui lave (« cleaning ») son linge sale en public, par le biais de cadavres anonymes...un film appétissant !
Harry Potter and the half-blood prince
Quoi ? Harry Potter ici ? Ben oui... et t’as pas honte ? ben non...
Et oui…Pas mal de critiques négatives effectivement dûes au bouillonnement hormonal intempestif de nos ouailles favorites ! et ben moi...j'ai adoré.
Je ne comprends toujours pas pourquoi j’arrive à plonger de plain-pied dans cet univers fantastique, magique, alors que c’est pas du tout mon style à la base...
J'avais lu le livre y'a un bail, en anglais, et oublié pas mal de péripéties d'où mon enthousiasme débordant du genre "mais comment Harry va t-il dérober son souvenir à Slughorn déjà ? Ah mais ouiiiiis, pas con ! » etc.
Pas mal de détails du livre finalement présents dans ce film, beaucoup plus clair que le 5 pour ceux qui n'auraient pas lu les livres. Les scènes de romance adolescente sont peut-être niaisouilleuses mais soit pleines d'autodérision, soit immédiatement suivies d'une scène d'action, soit complètement nécessaires à la narration (l'air benêt de Ron ensorcelé au philtre d'amour est une scène hilarante...qui dure un peu certes, mais qui nous mène...à l'hydromel empoisonné !)
Les effets spéciaux (moi qui hais les blocbusters) sont à couper le souffle, surtout les souvenirs de la pensine qui "tombent", tels des tourbillons de fumée, sur la ville pour la matérialiser...et l'apparition/disparition des mangemorts, sans parler de la toute 1ère scène qui m'a donné des frissons (quand Harry et Dumbledore se font photographier par les journalistes, ça sous-tend déjà la tragédie)...chaque scène comique (Harry retrouve Dumbledore sur le quai d’un métro, devant une affiche de pub pour le parfum « Magique »...) est contrebalancé par un drame. Tout est à la fois plus drôle, plus sombre, bien Potterien... !
11:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11 juin 2009
Il était une fois une grande claque dans la gueule
JE CROYAIS QUE JE N'AIMAIS PAS LES WESTERNS

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24 mai 2009
Titanic en musique
Récemment, je disais que je n'aimais que les films dramatiques, parce que les happy end, c'était pas la vraie vie.
Mais j'o
ubliais que la musique, ça peut aussi faire partie de la "vraie vie", et même beaucoup, et inclure un happy end...donc exception exceptionnelle pour Good Morning England, (The boat that rocked en V.O.,) ou le naufrage annoncé (dans tous les sens du terme) d'une radio pirate sur un bateau en mer du Nord...film dont tout le monde parle, à juste titre d'ailleurs.
Enflammez vos tympans avec le vrai son des années 60 et une équipe chic de choc. Des mecs, des vrais, des nanas, des orgies (surtout musicales), du bon humour bien anglais, bref, Richard Curtis quitte les comédies romantiques, (il a fait bien mieux que Love Actually, c'était pas dur) et que Titanic, avec limite des plans semblables à certains moments.
Un film à + que voir, en équilibre sur 203 mètres d'ondes moyennes...et complètement ROCK & ROLL !
Bande annonce ici: http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18874442&a...
(ça peut sembler hyper potache...bon, ça l'est, mais de manière cohérente...)
19:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 avril 2009
Quand le printemps fleurit au cinéma
Ca fait exactement 4 heures que je bugue devant mon ordinateur, dépassant le stade critique d'énervement maximal, jusqu'à ce que je me dise que je ferais mieux de bloguer, plutôt que de m'acharner à trouver des idées. En effet, pour ce blog, j'ai toujours des idées. Pour le boulot, non. Mais ça fait déjà tellement de fois que je vous sers ce plat que vous commencez sans doute à connaître par cœur tous les ingrédients qui le composent, ce petit goût amer, cette petite touche de cardamome, ou plutôt de ras-le-bol généralisé du « tout me gonfle, je trouve pas d’idées, c’est relou, je vais me jeter du haut de ma chaise » et puis vu que le sol c’est de la moquette, pas sûr que j'écrase grand-chose, à part quelques acariens.
Et puis faut avouer que y’a ptet une raison à mon blocage livré en« pack diffus, confus et peine perdue », c’est que je dois faire face à des idées sur les obsèques. C’est mortel. Surtout quand on sait qu’au final ça donnera forcément un spot à encéphalogramme raplapla, avec un vieux qui parlera face caméra de ô combien il est ravi d’avoir appelé pour ses obsèques au moment du café, et que ça, c’est fait.
Alors autant bloguer. Et bloguer ciné !
Oui, ce sont de bons morceaux qui sont sortis des usines filmiques, et qui ont bourgeonné lors du printemps du ciné, devant nos yeux épatés.
Commençons par Harvey Milk: Sean, toujours Sean. Vous aviez déjà eu droit à mes exclamations enthousiasmées "oh, le bon réalisateur", "ah, le merveilleux président du jury cannois", le voila acteur. Encore une fois, un rôle de composition qui lui va comme un gant, comme un leader de la gaypride politisé aux couleurs de l'arc-en-ciel. Quand même très politisé, ça tourne un chouïa en rond entre les meetings, les...meetings, les meetings, et les manifs (ben oui, faut quand même changer un peu) mais un film nécessaire à toute fin...utile (et surtout dramatique).
Welcome: Un Lioret sera toujours un Lioret, et, malgré une fin prévisible et attendue, je n'ai pas été déçue. Le réalisateur qui nous avait déjà secoués dans "Je vais bien ne t'en fais pas" persiste dans un presque docu aux relents de réalité difficile à digérer...
Un drame (encore) qui ne se noie pas dans le mélo, qui ne boit pas la tasse, et tout simplement juste, avec de ptites phrases bien placées, et un paillasson antithétique.
Slumdog millionaire: LE Slumdog qui a soulevé les foules, LE film aux 8 Oscars (ou moins, je sais plus), LE curry indien pas si épicé...pour faire rapide, ouais c'est cool. Ouaich ouaich...sympa, on s'ennuie pas, c'est l'Inde, c'est beau, ça dépayse...mais s'ils avaient pu se dispenser du final d'AMOOOOUUUR plus mou qu'une guimauve à la rose... et puis pas vraiment d'originalité, le scénario sortant d'un bouquin (et pas du chapeau d'un magicien nommé Danny Boyle...)
Mais il faut le voir. Pour la bande originale, dont je passe le CD en boucle,"Ringa, ringa aaaaah" à la Bollywood, et surtout pour la choré finale extraordinaire: "Jai Ho" qui fout la patate totale (thème final du CD).
18:43 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 mars 2009
Enfoiré de pollack de ta race
Et je pèse mon titre. Enfin, mes mots... ils font environ 3 tonnes 5 au garrot.
Si je m'emmêle les pinceaux, les considérations entre le poids, la taille, la couleur et le grain du tableau, ou plutôt de la peau, c'est parce que je le digère encore. Ce pavé dans la mare, la mer, oui carrément, ce pavé dans la mer. Enorme, le pavé. Ce soir, j'ai été au cinéma pour la première fois, ou peut-être la deuxième...dans ces eaux-là.
Et un pavé, à digérer, ça prend du temps, pas mal de sucs, pas mal de mouvements de la mâchoire, j'y serai encore dans 15 jours, le temps qu'aurait mis le fils de Walt à aller chercher ces foutues chaises à la cave.
Alors voila, Clint, moi, je sais pas. Je ne sais pas si je suis dégoûtée du cinéma, parce qu'après ça, on aura du mal à être au niveau, à nouveau.
Ou si ça m'a encore plus donné envie de m'y mettre, aussi, d'ajouter mon grain de sel dans le potage, ou mon grain de sable dans les rouages, puisque de toute façon je n'ai pas ton talent.
Clint est un bouledogue, un berger allemand, il grogne, il serre les dents. Et à la fin, on serre les poings, et les paupières. Et certains partaient avant la fin du générique, et certains parLaient, avant la fin du générique, avant même d'être sortis, certains parlaient, blasphémaient, limite.
Clint, la seule chose que je peux te dire, c'est que tu es un sale enfoiré de ta race, un des derniers, peut-être, de cette race des gens qui sont nés pour quelque chose. Et quand tu crèveras, j'aime autant te le dire, enfoiré, quand tu laisseras le cinéma tout seul, il chialera comme un con, l'écran s'allumera plus, ce sera un pavillon noir, et la pelloche sera en deuil.
23:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 février 2009
Ciné à la bourre
Ouh là quelle infamie, j'ai une tonne de films en retard sur ce blog...
Faut dire que j’ai pas non plus vu des films assez biens pour me donner envie d’en parler…même s’ils sont quand même biens, quelque part…
Bon, arrêtons de tourner autour de la pellicule, c’est parti pour un rattrapage rapide, pas forcément dans l’ordre :
Vicky Christina Barcelona
Déjà, pas évident de prendre le ticket pour ce film, il faut se rappeler des prénoms dans l’ordre et tout, pas évident je vous dis, ça donne : « Je voudrais une place pour Woody Vicky Maria Elena Svetlana Christina, enfin, truc Barcelona, là » (un touuuuut ptit peu exagéré, ouais).
Ben alors c’est pas mal, pour une fois, notre ami Woody a mis sa langue au vestiaire et les personnages agissent au lieu de parler ! enfin, du coup leurs langues ne sont pas forcément aux vestiaires puisqu’elles sont dans la bouche des autres, de tous les autres, femmes, hommes, allez hop, pour un beau melting pot libertin.
Ca reste malgré tout léger comme une brume d’été. Woody a réussi à rester classe, et complètement crédible, dans une histoire à dormir debout. Je vous éviterai les poncifs perpétuels « actrices en état de grâce », « Penelope telle une furie de la mythologie », blablabla.
Two lovers
Il faut louer le talent de James Gray, capable de passer d’un thriller mafio-familial à une bête histoire d’amour contrariée. Comme à son habitude, il crée une atmosphère particulière, glaciale, en un mot, polaire. Comme d’autres films peuvent être solaires…
Lui est polaire, dans la lumière, les dialogues, le scénario, tout fait froid dans le dos.
Ce film hypra réaliste est une sorte de chaîne, où les personnages sont des maillons qui se font du mal à tour de rôle, à cause du précédent. Personne de foncièrement méchant donc, mais du mal partout, à cause de déceptions en chaîne. La fameuse histoire de truc qui aime machine, qui aime bidule, qui aime truc. J’avais quand même nettement préféré « La nuit nous appartient ».
There will be blood
Bon, j’ai saisi le chef d’œuvre, je l’ai entraperçu, mais tel du pétrole, il m’a glissé entre les mains…le jeu de mots est facile…mais "There will be blood", comment dire…si c’est un diamant…c’est un diamant à l’état brut, mal dégrossi, pas taillé.
Tout comme James Gray, P.T.Anderson sait créer une atmosphère, un décor…sait diriger ses acteurs, mais la musique stridente est insupportable, les personnages évoluent d’un extrême à l’autre sans nuances (et pourtant, tout comme Benjamin Button, en plus de 2h30 de film, ils avaient le temps de nous montrer l’étendue de leur palette…) ce film m’a profondément soulée. Et j’en ai été affectée, parce que, vu les critiques, ça veut dire que je ne sais pas distinguer le caviar du tarama…(toute façon, j’ai horreur du tarama…)
Into the wild
Enfin vu un an après sa sortie. Je confirme, Sean Penn est toujours mon acteur préféré, et ne me déçoit pas en tant que réalisateur. Il aime les grands espaces, les grands espaces l’aiment, tout va bien. Pas d’ennui à l’horizon…on se prend même à envier ce mec qui est parti en laissant tout derrière lui…j’ai été d’autant plus surprise par la fin (que dis-je, surprise, glacée d’effroi, plutôt), que personne n’avait vendu la mèche avant. Ou bien j’avais oublié. Bref, un vrai effet kiss cool.
Entre les murs
Vraie vraie bonne surprise. Vu juste après « Into the wild ». Sean Penn était alors toujours mon acteur préféré, un de mes réalisateurs préférés, et devenait avec ce film un homme de bon goût (vu qu’il lui a décerné la palme d’or).
"Entre les murs" n’est pas seulement le quotidien d’une classe de banlieue, c’est aussi une cour de récré où on se marre vraiment…un ping pong entre un prof dépassé mais qui en veut, et des élèves difficiles mais qui veulent juste être écoutés : une hyper banalité parfaitement mise en scène. Mention spéciale à Esméralda !
15:29 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16 février 2009
Nous ne vieillirons pas ensemble
L’étrange histoire de Benjamin Button aurait pu porter aussi le titre de ce billet (du film de Pialat), étant donné l’étonnant « reverse » du personnage principal qui rajeunit au fur et à mesure de son existence, rendant son histoire d’amour avec Cate Blanchett impossible.
En effet, c’est davantage une histoire d’amour qu’une histoire de temps, au final.
Je vais sans aucun doute faire grincer quelques dents en publiant mon avis sur ce film, mais j’ai été affreusement déçue. (Attention, je révèle des détails, donc passez votre chemin si vous voulez le voir...)
De l’émotion, où ça ??? en 2h45, on aurait pu penser que Fincher avait largement le temps de donner corps à des personnages qui restent complètement décharnés. Tout le film se déroule le long de la vie d'un homme qui ne fait que passer, à bien des égards...sans parler du déséquilibre entre l'époque "vieillard" et "adulte" (les 3/4 du film) et la pure jeunesse (les 10 dernières minutes ?!)
Ce n’est que mon avis, je ne dis pas que ce film est mauvais, il est même bien fait, sur certains côtés, mais…sans finition...il manque quelque chose à ce qui était à la base une excellente idée (j’ai d’ailleurs bien envie de lire la nouvelle de Scott Fitzgerald).
Je ne me suis pas désagréablement ennuyée, mais je me suis ennuyée, avec les 2 personnes qui m’accompagnaient.
Et je ne parle pas de la somme des incohérences et des clichés qui habitent la pellicule, et qui nous distraient, du coup, de l’histoire.
Je passe sur les prises de tête à chaque fois que Button réapparaît à un âge différent : « Et là, ça lui fait quel âge, réellement ? », sur le fait qu’il naît bébé avec un corps d’octogénaire, et qu’il meurt bébé également ( il aurait dû avoir un corps d’adulte, mais vigoureux, et à la rigueur, un visage poupin). Je passe sur la narration limite insupportable, d’une femme qui a un cancer au stade terminal, je passe sur le pompage de Titanic, (la vieille raconte son histoire et comme par hasard ferme les yeux au moment où elle a fini), sur les incohérences (Benjamin et Daisy revenant de leur long trip pile le jour de l’enterrement de Queenie, Daisy disant « Benjamin avait alors 5 ans » alors que c’est un enfant, certes, mais qu’il a alors 75 ans…, Daisy, à 5 ans, caressant la joue de Benjamin de manière limite érotique, alors qu’il a l’apparence d’un vieillard de 70 ans…) Et pourquoi Daisy ne dit-elle la vérité à sa fille que mourante sur son lit d’hôpital ? Quelques minutes avant, sa fille venait de lui demander qui était son père (ce qu’on voit arriver + gros que l’Empire State Building), et Daisy lui avait menti. Alors que la vérité arrivait quelques pages plus tard. Alors le cliché de la mourante qui dit la vérité à sa fille et qui s’endort pour l’éternité une fois l’histoire terminée…dans le genre, on a déjà vu mieux. Et je parle même pas des photos de danse que sa fille découvre en disant : « maman, tu m’avais jamais parlé de la danse ! » alors que quand Button revient voir Daisy, leur fille a déjà 12 ans, et sa mère donne à cette époque des cours de danse !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
On voit ainsi s’écouler la vie de Benjamin Button, de manière lente, très lente (que vient faire l’épisode du bateau dans cette galère, qui ne fait que rallonger inutilement la narration, à part mettre un peu de piment grâce à l’attaque du sous-marin…), Benjamin Button qui n’a de « Button » que le nom : au début du film, le logo de la Paramount vient merveilleusement s’afficher en une montagne de boutons grâce à une animation super visuelle. Et que reste-t-il de cette entreprise de boutons léguée par son père, qu’il fait prospérer vers la fin du film (sinon, d’où tirerait-il ses revenus ?), et bien rien : à peine une visite de 4 minutes dans l’entreprise, et 3 boutons qui se battent en duel. Idée inexploitée. Et le vieux racontant les 7 fois où il a été frappé par la foudre avec le gimmick comique à chaque fois: pourquoi Fincher n'en révèle-t-il que 5 sur les 7 ? soit il fait les 7, soit aucune ! et moi qui m'attendais à un truc du genre: "et la 7ème fois, c'est quand j'ai vu ma femme pour la première fois", au moins ça aurait été marrant...
Il reste donc une histoire d’amour entre une ballerine (jolies scènes, mais bon…) et Button, histoire d’amour tellement particulière, dans un tel microcosme, qu’elle ne confère pas du tout à l’universel : perso, les voir dans leur appart au pieu matin midi et soir (comme les médocs), au moment où ils se croisaient enfin, ne m’a apporté aucune émotion particulière. On voit 2 amoureux, soit. Comme dans n’importe quel film. Ils n’ont pas assez eu de scènes ensemble avant, pour nous emporter dans leur trip (une fois sous la table avec la bougie, une fois ados hyper vite courant dans le jardin, et une fois au resto !!!)
Je dirais quand même qu’il y a quelques belles scènes et que le film vaut d’être vu (ptet pas au ciné…) c’est juste qu’avec tout le foin qu’on en fait…voila quoi ! alors les scènes pas trop mal:
-La scène avec la riche dans l’hôtel en Russie, et sa traversée de la Manche
- A la limite, la scène de la mort de Button, bébé dans les bras de sa très vieille ex amante…
-L’horloge inversée au tout début, j’ai vraiment adoré ce concept !
-L'accident de Daisy (avec les "Si...." bien mis en scène, on se demande d'ailleurs pourquoi Fincher s'éclate à ce moment-là en changeant de style...pour mieux se rendormir après !)
Je n’aime pas détruire gratuitement un film, mais là c’est pour pas que vous soyez déçus si vous ne l’avez pas encore vu (au pire vous serez d’autant + enthousiastes !) mais en tout cas, "nous ne vieillirons pas ensemble" concerne autant Brad et Cate que moi et ce film !
Et pour revoir Brad Pitt et Cate Blanchett ensemble, revoyez Babel !
10:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : benjamin button, david fincher
04 janvier 2009
Forever young
Puisque ces incorrigibles Avril et Arsène en ont parlé, je me vois dans l'obligation de poursuivre:
"I feel good" est un documentaire complètement azimuté, inattendu, et à voir absolument, tant il renverse nos préjugés sur les vieux, euh, pardon, paraît-il qu'on dit "seniors". Moyenne d'âge, 80 berges.
Ils ont plus d'humour que la plupart des gens qui nous entourent, ils ont une énergie juste herculéenne, et tout ça grâce à quoi ? au chant. A une simple chorale...rock/punk. Explosez-vous les tympans, ça conserve.
Un exemple, Eileen, ancienne strip-teaseuse, plus aguicheuse que Betty Boop du haut de ses 92 ans, et s'époumonnant au rythme de "Yes we can I know we can can yes we can", après avoir préalablement décrypté les paroles avec une loupe grossissante: c'est ce décalage qui marche du tonnerre.
Effectivement, on finit par les croire immortels, capables de faire un pur barouf même au ciel.

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24 août 2008
Un mal pour un bien
Le blockbuster a encore de beaux jours devant lui : si on m’avait dit qu’un jour j’écrirais ça sans ironie aucune…
Batman, the dark knight, ou les effets spéciaux au service d’un bon film.
Voilà en effet comment je vois les blockbusters : des mannes à effets spéciaux, alliés à des scénars brillants par leur absence. C’est un peu réducteur certes…
Ici, pourtant, naît l’alchimie entre des tas d’effets spéciaux, de l’action parfois difficile à suivre, MAIS une véritable histoire : une histoire, telle est ma définition d’un bon film, définition piquée à Billy Wilder, d’ailleurs.
(C’est pas pour étaler ma culture comme de la confiture, surtout qu’en cinéma j’en ai pas tant que ça, mais c’est ce que disait Billy Wilder : « un bon film, c’est 3 choses : une bonne histoire, une bonne histoire, une bonne histoire ».)
Bien entendu, ça ne fait pas tout. Les comédiens doivent aussi bien…jouer.
Jouer, un pléonasme, pour le Joker, qui abat toujours plus de cartes, et qui possède un véritable atout en la personne d’Heath Ledger, j’espère futur oscarisé posthume.
Assez de parlotte, j’aimerais terminer par le sentiment global que ce film m’a inspiré…
On peut y lire les motifs principaux de l’existence, ceux qui se jouent de nous : le hasard, la complexité des êtres, qui, tels une pièce de monnaie, se jouent à pile ou face selon ce qui les affectent.
Ceux qui dépendent de nous : la confiance que l’on place, la force de résistance, d’encaissement, et les cas de conscience.
Les bons ne gagnent pas, les méchants s’en sortent, et ceux qui représentent les futurs espoirs n’ont d’autre choix que de déchoir.
Tout comme La Zona, on effectue un plongeon dans la réalité, la vie, tout simplement.
Où rien ne peut jamais vraiment se terminer, où les ‘héros’ s’en sortent, au prix de choix impossibles et douloureux, au prix de ne jamais trouver la paix.
Ainsi, comme le dit le flic à la fin, Batman n’est pas un héros. Ou plutôt, c’est en montrant son côté sombre, en montrant qu’il peut faillir, et même en se faisant haïr, qu’il devient un héros chaque jour, mais restant à jamais dans l’ombre…en étant le seul à connaître son véritable statut, et le sens de son sacrifice.
Un sacré sacrifice pour un possible bien, à l’échéance impossible à prédire, ni même si ce bien arrivera un jour.
Ainsi, comme le dit le flic à la fin, Batman n’est pas un héros….c’est un super héros, ai-je envie de rajouter.
Le film entier est un gigantesque mal pour un hypothétique bien.
‘The dark knight’ peut lutter autant qu’il en a les moyens, il sera toujours perdant, pour une plus grande cause encore, celle qui l’oblige à accepter ce monde en feu, ce brasier que le Joker prend tant de plaisir à allumer. La seule possibilité pour lui d’avancer.
Un paradoxe absurde mais qui démontre que, tout comme dans le monde réel, la logique n’existe pas. Même en restant intègre, cohérent et moral, Batman en bavera encore un bail…mais heureusement, autour de lui, le fidèle Alfred est là pour le comprendre, et attendre avec lui le bon moment, la fameuse « aube » qu’ils attendent tant. Avant même Batman, il est le plus beau personnage du film.

15:14 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : batman, the dark knight
30 juillet 2008
Zone rouge
Ou ZEP, comme Zone à Education Prioritaire.
La zona, un film que j'ai été voir fin juin et que j'ai dû laisser macérer en espérant peut-être que ses vapeurs toxiques se distilleraient dans l'air purifié de mon idéalisme chronique ?
Hem hem...encore une bonne tranche de drame servie sur un plateau, tragédie de rigueur, choc psychologique, mais je dois aimer ça ! Ce film est donc en quelque sorte l'apanage des masos, l'hymne des névrosés, le culte des désespérés.
Les réalisateurs sud-américains sont en général bien servis sur le plan humain. D'Inarritu en passant par (la Lorraine) et par Carlos Saurin, monsieur Rodrigo Pla de son état n'y fait pas exception.
Il nous sert un condensé de haine intersidéral, une boule de nerfs en pelote qui ne demande qu'à être déroulée tout au long d'un film auquel il ne reste que ses yeux pour pleurer.
Mais pourquoi tant de métaphores, et si peu sur l'histoire elle-même ?
Parce que ce film est un symbole à lui tout seul.
Des gamins s'introduisent dans la "zona" d'une ville sud-américaine pour cambrioler une villa.
La zona kézako? Un ghetto serti de murs comme autant de pierres précieuses, où les friqués s'enferment et fabriquent leur propre peur, leur violence. Il ne s'agit pas de xénophobie, mais de phobie tout court.
Suite à un accident, la propriétaire se fait flinguer, ainsi que deux des voleurs. Il en reste un, pas plus de 13 ans au garrot et tout mouillé, une crevette qui n'a rien compris au film mais qui vit pourtant un terrible cauchemar, 1h38 de traumatisme.
Toute l'hostilité d'un groupe de nantis qui ne savent pas trier le bon grain de l'ivraie, qui ne connaissent pas la morale tout court, un bataillon de 'soldats civils' comme vous et moi, nourris à l'animosité et à la fureur.
Et le réalisateur nous balade de la légitime défense à la notion de droit, jusqu'à la cruauté la plus animale.
De telle manière qu'on passe d'un camp à un autre, des résidents aux flics, jusqu'à la proie, victime d'une chasse à courre lancée sur un élan funeste (c'est la dernière fois que je prends de la mescaline au ptit déj).
Il y a un peu du 1984 d'Orson Welles (lorsque les habitants préparent la semaine de la Haine), dans ce destin de bouc-émissaire sacrifié sur l'autel de la connerie humaine. La Zona est un microcosme de notre société, de ce qui arrive chaque jour à petite échelle dans les cours de récré, dans les pays en développement, et de ce qui pourrait arriver si un charismatique bonhomme se ramenait sur le devant de la scène même ici, en France, et parvenait à mener au sommet de leur art nos peurs les plus primales...
10:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : la zona, film mexicain, rodrigo pla
