03 novembre 2008

Sable émouvant

Le temps passe tel du sable qui nous file entre les doigts et...yes ! j'ai ma transition !

Et voici comment, il y a déjà un mois, j'ai passé un samedi (pas soir) sous (et pas sur) la terre .

Enfouie dans les profondeurs, les entrailles terrestres, dans le 77, un bon début pour ensuite m'attaquer (peut-être, quand j'aurai acheté des bottes, hem hem) aux catacombes...

La carrière de sable du Puiselet n'est donc pas à ciel ouvert, c'est une grotte faite entièrement de sable, et remplie de sable compacté par les ans, de sable plus blanc et plus fin que le plus fin et le plus blanc de tous les sables à l'Ile Maurice ou ailleurs. Pour l'info, je crois que c'est Canon qui l'utilisait il y a encore peu pour fabriquer ses objectifs.

Il y règne une ambiance étrange, hors du temps, on se faufile sous la caverne et on s'enfonce de bon coeur dans le sable comme à la plage (la mer, le ciel, et le soleil en moins, quand même). Arrivés déjà essoufflés dans la grande salle (que je sais plus son nom, ah si, "le Colisée", à moins qu'il ne s'agisse tout bêtement de "la grande salle"), on plante des bougies et c'est parti pour un gueuleton de dattes, crêpes et...cannelloni en conserve chauffés à la cire. Le 'guide', qui n'est autre que le pote de votre coloc, ne reconnaît pas certains endroits, "effondrés depuis la dernière fois". C'est le moment pour lui demander innocemment si ça ne craint finalement pas de rester sous une voûte de sable certes compactée, mais compactée si elle veut. Il vous répond: "ben on sait jamais, si, c'est dangereux". Vous regardez votre saucisson, qui n'a plus la même gueule, et qui a désormais un arrière-goût de risque non mesuré.

Nous repartons arpenter les salles, en croisant ça et là des mini chauves-souris surprises en pleine hibernation et qui déploient doucement leurs ailes genre: "barrez-vous j'ai pas encore bu mon café". Croisant aussi d'autres explorateurs, torches antiques en main.

Il faut à un moment (si possible quand on se sent bien paumé) éteindre toutes les torches et rester immobile dans le noir et le silence, que ne troublent ni...métros, ni collègue de...boulot, ni même ronronnement du frigo quand vous faites...dodo.PlanPuiselet.gif

Et faire une minute de silence pour le mec en train de mourir au même moment au fin fond de la Colombie septentrionale (ou ailleurs).

C'est le moment de rentrer...et de se rendre compte que toutes les galeries ressemblent à toutes leurs copines galeries à travers le monde, qu'elles font toutes 3 mètres au garrot et qu'elles n'ont aucun élément différenciant. En gros, que toutes les galeries ne mènent pas à Rome (prochain billet :D)

On se dit qu'on aurait dû comme le Petit Poucet semer des ptits cailloux blancs, en se faisant ensuite la réflexion qu'au milieu des grains de sable, c'est pas non plus l'idée du siècle. On soupire de soulagement, rassuré que cette fabuleuse idée qui ne nous ait pas traversé l'esprit au moment M n'aurait en fait servi à rien, mais pas plus avancés.

Heureusement, Roud retrouve le chemin et ramène ses brebis égarées sur la rive.

On est sortis de la grotte, il faisait déjà nuit, et, dans tous les sens du terme, on a remis les pieds sur terre...

Voir ci-dessous des photos, je ne connais pas ces gens mais eux au moins avaient leur appareil photo (ptet un Canon, dont bizarrement l'objectif était sans doute fait du même sable qui risquait de le rayer ensuite...)

 

http://karakas.chez-alice.fr/divers/cr/carriere/puiselet/...