08 septembre 2007
2ème Gaou
C'est sympa les cocos, mais non, je ne reviens pas. Je suis passée de l'autre côté de cette période bloguante.
Je reviens, mais pas pour moi.
Je voulais juste rendre hommage à quelqu'un que j'ai croisé dans un couloir, un soir.
A Gaou, République, âme valide aux Invalides
Against his back, inside his eyes
he hold the pains of all the minds
he grab the hand of the children
he stay awake, for the weak men
he is alive, for those who're dead
he walk your line, he fix your thread
Marée humaine, flot de personnes, de personne
Il repeuple les hommes qui sont inhabités, qui ont subi l'exode, qui se sont expulsés.
Ces hommes, la rage au coeur, dont aucun cri n'est assez grand, pour exploser sur leurs douleurs.
Il part à la poursuite des néants intérieurs.
Il les rend à eux-mêmes, il recompose les êtres, en réouvrant grand leurs fenêtres.
Il reconstruit leurs pleins, remplit leurs vides avec du rien, pour équilibrer.
C'est une petite échelle humaine, un peu trop piétinée, aux barreaux délabrés.
Pour ceux qui pleurent leur indicible, leur enfance envolée, ceux qui crèvent de n'être plus, ce qu'ils n'ont jamais été.
Ceux qui se sentent coupables et qui s'en veulent, de se sentir coupables.
Ceux qui se jettent à la mer, qui se rejettent à la frontière.
Les hommes vaincus par la nausée, puisqu'elle est toujours vainqueur, lorsqu'elle ne permet qu'un léger haut-le-coeur, mais à perpétuité.
Pour ceux blessés par les éclats de leur reflet dans le miroir, ceux qui ont perdu jusqu'à, ce qu'ils pensaient ne plus avoir.
Il rassure et console: les mots sont les puissants, les mots ne sont jamais inertes, les mots sont seuls capables de compenser la perte, celle d'un membre arraché, celle d'une âme morcelée, rien de précieux, mais juste ancré, profond, trop profond. Comme une partie, une excroissance, qu'ils avaient adoptée, par laquelle ils étaient en paix, et qu'on leur retire, sans rien leur demander, sans autorisation, sans avis d'expulsion. Avortement mental.
Au soir, il se réveille, il part hurler son soûl, et s'effondre à genoux, pour cracher les maux des autres.
il vomit leurs déchirures, leurs errances et leurs blessures. Il se retrouve avec sa peine, qu'il avait oubliée, comme un point sur le côté. Mais personne ne peut mourir, en lui, sans sa bénédiction, sans son extrême-onction.
Il relève la tête, et se met en quête, d'un autre homme pour enfin pouvoir tomber, d'autres yeux, pour pleurer.
12:35 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 juin 2007
Brève de couloir
Voilà une partie de mon dossier pour postuler à une formation...tout est vrai! (Bien que j'ai omis les engueulades royales de la famille de l'Olympe, à 7h du mat!) S'ils avaient des grenades, nul doute qu'ils n'hésiteraient pas à les dégoupiller...
Mes voisins
Un immeuble d’un étage, au fond d’une impasse. Il semblerait que le couloir abrite d’autres portes que la mienne. Mais mes voisins n’existent pas. Ce sont sans doute des fantômes. Je ne connais leurs noms que par le biais de l’interphone. :
-Léo et Solenn : j’ai tout de suite aimé leurs noms. Léo, le lion, le roi. Solenn, le soleil : le roi soleil. Mais leur lumière n’est jamais parvenue jusqu’à moi. Je n’ai jamais réussi à savoir s’ils étaient amants, frère et sœur, ou simplement amis. J’ai parlé une fois avec Solenn. Depuis que Solenn est partie, Léo se terre. Un ermite ?
-Pierre : Je l’ai aperçu deux fois en huit mois. Il doit être étudiant. Lorsque je lui dis bonjour, il ne me répond pas. Il doit être sourd. A chaque apparition, il porte un sac rempli de dizaines de paquets de nouilles chinoises, et son appartement semble toujours plongé dans le noir. Une forme très rare d’intolérance alimentaire et d’allergie au soleil ?
-Les voisins du haut : ils siègent à l’Olympe, quelques marches en haut desquelles se situe leur appartement. Un 40 mètres carrés pour…une famille entière. Je ne fais que les entendre, comme un signal : très tard le soir, provenant du couloir, un galop effréné et un halètement bruyant crèvent soudain le silence. Après plusieurs attaques cardiaques, je ne sais toujours pas combien ils sont, mais je sais qu’ils ont un chien, adepte des balades au clair de lune. Vampires ne sortant que la nuit ?
Mes voisins n’existent peut-être que sur leurs boîtes aux lettres. Ils ne sortent ni ne rentrent. Ils n’ont jamais besoin de sel ou de farine.
J’en viens à espérer la coupure d’électricité qui nous fera nous rencontrer, nos bougies à la main, dans le couloir éteint. Jusqu’à la provoquer ?
Non, parce qu’il y a Skander : il me vrille les oreilles avec son RnB tonitruant, et ses films de yakusas japonais écoutés à pleine puissance, alors que je ne jure que par le rock, Jarmush et Clint Eastwood. Il est fiancé, mais héberge souvent Delphine, sa collègue pizzaïolo, « sans aucune ambiguïté ». Il me fait profiter gratuitement de sa connexion Internet, de sa clé à molette, de son aspirateur, de ses bras pour déverser mes pleurs. Lorsque je lui demande un œuf, il me donne son frigo. Il vient à minuit me demander de la moutarde. Je le croise tous les jours, mais par tranches de cinq minutes. Si mes voisins sont des fantômes, Skander est un vrai courant d’air. De ceux qui font claquer les portes. Mais la sienne est toujours ouverte.
Il m’a demandé hier si je parlais de lui, dans mes textes. C’est maintenant chose faite.
11:10 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09 janvier 2007
A...
A verse, à la renverse.
A la sauvette, à l'aveuglette,
A l'anglaise, à l'italienne,
A contre-emploi,
A tâtons, à pile ou face, à la courte paille
A pied, à cheval, à vélo
A la poubelle, à la corbeille,
A l'amiable.
A reculons, à contretremps, à contrecoeur
A genoux, à bout de course, à bout de souffle, à perdre haleine.
A la hache, à l'étouffée, à l'arrachée
A la vie, à la mort
A la longue, à la pelle
A la seconde, à la tienne,
A la louche, à la bouche
A la Hitchcock, à la coque
A la noix, à la deux, à la trois,
c'est à toi...(de continuer)
23:40 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
16 novembre 2006
Disney revu et corrigé
Ca, c'est une connerie (comme tant d'autres) que j'avais écrite en m'inspirant de...non, ne riez pas...Bénabar...
Bon c'est pas le même style mais c'est pas grave, il est nul, son style de toute façon, hein? bon ok c'est pas top mais c'est vite fait!
Dans mon cartoon, les Looney Tunes, prennent en otage leurs producteurs
et tous les personnages incendient la Warner.
Même Shrek dans son marais, peut aller se rhabiller
Blanche-Neige a étripé la moche au bois dormant qui se faisait le prince charmant
Picsou s'est noyé, dans son tas de pièces dorées
Robin des Bois n'donne plus aux pauvres, il s'lance dans le trafic de drogue
Cendrillon a cassé sa pantoufle de vair, en s'essayant au taekwendo avec Bagheera la panthère.
Nemo n'est pas content, la ptite sirène n'l'a pas sauvé à temps
il a fini broyé, dans la gueule du chat botté.
La Belle en avait marre, de son crétin de Clochard, elle n' se laisse plus embrasser, et l'aide de tous les spaghetti du monde ne pourra rien y changer (variante: cappellini).
Pluto et Pongo, se sont découverts homos, ils se pacsèrent, et adoptèrent, un petit chiot.
Mickey, Daisy, Donald, Minnie rejouent les tragédies d'Racine
car ils s'échangent, c'est très bizarre, mais c'est aussi pas très intime
Bugs Bunny s'est fait carotter, son terrier par Gros Minet, qui cherche à échapper, à un Titi surentraîné.
Alice au pays de l'enfer, s'est fait bouffer par Lucifer, (ndlr: le chat dans Cendrillon)
la fée Clochette me propose trois voeux
j'lui dis d'éteindre ses étincelles, ça me fait mal aux yeux
elle m'donne un crochet du gauche, et du droit, un direct
j'sais plus comment j'm'appelle, des étoiles tournent au-d'ssus d'ma tête
je lui arrache ses ailes, les contes de fée d'viennent contes de rien
il était zéro fois, t'es direct à la fin.
11:10 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22 septembre 2006
L’avion
(Ptite connerie, j'ai pas peur en avion moi!)
Au ptit matin le taxi
Nous a déposés à Roissy
Déjà j’blêmis qu’est-ce que c’est grand, moi j’préférais Orly
Zêtes sûrs que y’a aucun danger
Pas de mercenaires planqués ?
Là-bas ce mec a un drôle d’air
Il a pas une tronche de touriste
C’est certain’ment un terroriste
Moi je viens pas, je reste à terre
On peut en mettre des couteaux
Dans ces paquets et ces valises
lames bien cachées sous les manteaux
tranchantes à souhait, que l’on aiguise
Il va nous prendre en otage
Un vrai carnage, et le pilote
S’éjectera seul du naufrage
Pas de pitié pour tous ses potes
Même si y’a pas de criminels
Les réacteurs vont exploser
Problème d’équilibre des ailes
Je vois déjà de la fumée
Et si une fuite de kérosène
Venait à se produire ?
Impossible de rester sereine
Devant l’idée du pire
Et tout plein de turbulences
De trous d’air, une grosse tempête
Y’a la cabine qui se balance
On va tomber de 800 mètres
J’suis dans la salle d’embarquement
On appelle les passagers
Si j’veux y aller c’est maintenant
Bon ben, courage, j’vais pas flancher
Je regarde l’hôtesse,
Faire la démonstration
Les masques à oxygène
Tirer sur les cordons
J’attache bien ma ceinture
Parée pour l’aventure
Mais le pilote vient d’annoncer
«le départ prendra du rt’ard, veuillez patienter »
Et voilà deux heures ont passé,
Et l’oiseau n’a pas décollé
sans réfléchir, d’un bond,
je saute hors de l’avion
j’ suis bien arrivée, à destination…
celle que j’n’avais jamais quittée…
22:46 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Kaïros
Souvenir de khâgne: pour doos
Elle est née sur une page
Une feuille blanche à remplir
Dérive loin dans la marge
Et encore c’est pas le pire…
Elle crie en noir, entre les lignes
C’est plein de fautes d’orthographe
Elle dispose des tas de signes
Distinctifs dans les paragraphes
Et c’est vague, c’est mal dit,
Contresens du fil directeur
Y’a pas d’Ariane, dans sa copie,
Pour hiérarchiser ses peurs
Dès l’intro, accident d’syntaxe
Phrases tordues, dans l’mauvais sens
Ca continue dans l’deuxième axe
Elle va sortir en avance
Y’a pas de moment propice, pas d’instant opportun
Pour savourer des délices, qui n’reviendront pas demain
Pas de kaïros, sinon la rouille, change le carrosse en citrouille
Petite fée, Carabosse, t’as la trouille
Hors des sentiers, hors-la-loi,
Pas dans le corps de son sujet
Attendre plutôt qu’il vienne à soi
Comme le bonheur, on n’sait jamais…
Tout ça ce n’sont que des prétextes
Pour n’pas faire sa dissertation
Elle c’est plutôt dans l’paratexte
Qu'elle s'exprime sans hésitations
Impossible de rédiger, cette maudite conclusion
Y'a pas de fin, vous me direz
Même si elle soigne, les transitions,
Elle n'a en fait rien commencé…
22:40 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Dans le métro
Dans le métro, des claustrophobes, des égarés, des très pressés
Mais en tout cas, un seul mot d’ordre, ne surtout pas se regarder
Dès que se ferment les portes, on craint de commettre l’erreur
Alors, serrés, dans la cohorte, nos regards se posent ailleurs
Certains lisent, d’autres murmurent, y’a pas plus sourds que tous ces murs
« une ptite pièce, ou un ticket restaurant » viennent troubler la quiétude mais…
personne n’entend.
On fixe un point dans le vague l’autocollant « ne pas fumer »
les étiquettes, le moindre tag sont sur-analysés
Ah ça y est le mal est fait y’en a un qui me dévisage
de haut en bas, c’est indiscret mais ça anime mon voyage
Ils ont mis des poèmes affichés pour l’été
Sans doute que les gens les apprennent et font ce silence…juste pour se les réciter
un dernier couplet, pour terminer la chanson ,pour le dernier métro, un ultime wagon
5 heures plus tard, 2 heures du mat dans les couloirs souterrains, tunnels obscurs
des affiches plein les murs
sortir par là, par l’escalier…un peu plus j’allais étouffer
22:15 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 juillet 2006
Concert
Ebloui par un épais brouillard
Sorti d’un demi sommeil, indescriptible transe
Pas vraiment abasourdi, et pas tout à fait hagard
Fragments de souvenirs, bouts de réminiscences
Il cherche à retrouver, leurs ombres dans la salle
Etrange silence, maintenant qu’ils ne sont plus là
Absurde quiétude, passée la rafale
De cris mêlés, de notes, et du bruit de leurs voix
S’il se sent seul, vide ? ce n’est rien de le dire
Contraste, décalage, écart, changement d’échelle
Se retrouver comme ça, c’est à pleurer de rire
Eclipse partielle, quand l’étoile se retire du ciel
Des milliers de météorites, que tous ces visages
Déferlant et disparaissant, il s’en rappelle à peine
Comme tiré d’un rêve, d’un désert à la nage
Comme s’il avait été seul, au milieu de l’arène
De tout ça il ne garde, que des flashs de couleur
Des taches, des flous, des clairs-obscurs, des impressions bizarres
Seul dans sa chambre impersonnelle, il accorde ses peurs
Juste l’envie d’un tête-à-tête, avec sa guitare
11:35 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23 mai 2006
Fossile de 2004
Cherche pas à comprendre, ni à tout apprendre
Faut savoir attendre, de plus en plus tardCherche pas à les prendre, ni même à les rendre
Va pas t’y suspendre, aux coups du hasard
Et sur ta falaise, au bord du malaise,
Toi tu te tiens droit
Et même tes échos, absents du radeau,
Se jetant à l’eau, ont lâché ta voix
Tu n’peux pas partir, pour mieux revenir,
Ceux qui veulent se fuir, ont fini perdants
A trop parcourir, tes cellules en crise,
Tu te fais détruire, par tes combattants
Ta pensée décroche, son fil s’effiloche
T’as raté le coche, tu t’auto-dissous
Le même son de cloche, se fige et te fauche
Et tu t’y accroches, même s’il te rend fou
Tu entends l’amer, des paroles en l’air
T’as brisé le verre, de tes éléments
Un homme à la mer, à six pieds sous terre
Tu nages à l’envers, à contre-courant
A forcer ta haine, t’as cassé tes chaînes
Les sursis de peine, ne durent pas longtemps
Et l’histoire s’achève, la fin de la trêve,
Transforme la sève, en coulées de sang
00:40 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 mai 2006
L’héritage
(Essai à la Bénabar...je dis bien essai!)
Du point de vue du fric, c'était l'oncle d'Amérique
Mais on n’le connaissait pas, et il a fermé boutique
Alors nous, machiavéliques, on se précipite
Ptite réunion improvisée pour parler de l’ héritage
Tout la famille s’est déplacée, bizarre, y’avait pas la moitié pour mon mariage
Réunis autour d’l’ huissier, qui sait plus où il en est
Il s’ réfugie auprès du notaire, qui nous regarde d’un drôle d’air
Rien que pour les bijoux d’ famille, on va négocier des mois, la maison c’est légitime, le vieux clébard, il attendra
Et dans le testament, rien qui n’ convient même pas une ligne, la tante Bertille lorgne sur la Golf qu’il a léguée à Ludivine
Y’en a quand même, qui pleurent l’aïeul, c’est sûr qu’ ça fait plus réaliste
Ils doivent se sentir bien seuls, face à tous ces arrivistes
L’arrière grand-oncle et le cousin, s’disputent 2 hectares de terrain
J’ m’ éloigne très vite, très loin d’ici, avant d’ être réduit en charpie
Bien sûr j’exagère, dans la vie c’est pas la guerre
Mais si on y réfléchit, les coups bas s’ font par derrière
Plus un d’ sincère, ni de loyal
Ça amène toujours un conflit inter familial
Genre armes nucléaires, où le plus mauvais perd
Peu renoncent à la bataille, un héritage c’est un carnage
Pour avoir ma part du gâteau, j’ parle plus à aucun d’ mes frérots
La surprise est pour la fin, sur un papier à en-tête
Qui stipule, après examen, que l’ brave défunt avait des dettes
Si j’ suis l’ prochain à rendre l’ âme, ne vous réjouissez-pas
J’ donnerai mon corps et mes organes, et l’ reste à un orphelinat
22:30 Publié dans Texte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
