Voilà encore un ptit billet dont l'idée m'est venue PAF comme ça au détour d'une conversation MSN, avec Baff. Il m'a fait penser, bien indirectement bien sûr, à MSN (oui, là, c'est assez pitoyable comme phrase je vous l'accorde).
Alors, MSN...est-ce bien raisonnable de commencer le billet comme ça, tout à trac, sans entraînement intensif et préalable?
Allez hop, à chaud!
MSN, vu d'en face, c'est une simple fenêtre moyenne, de taille rectangulaire, dont le signe particulier est de regrouper des tas de bonshommes verts (ou bleus ça dépend de votre daltonisme). Vu comme ça, ça fait un peu martiens. Mais ce n'est pas le cas (sauf dans ma liste personnelle, les E.T. en puissance se reconnaîtront, en particulier ceux qui n'aiment pas les cappellini, ceux qui ont utilisé la totalité de leur salaire de l'année pour un lecteur MP3-nan nan ça, je comprends-celles qui ramassent des vieux bouts de bois dans la rue pour en faire des cafetières (tu me dis si je me mélange les paluches) ou encore celles qui contribuent à la santé de TF1.
En réalité, ces bonshommes correspondent théoriquement à nos amis. Mais j'y reviendrai. Nous pouvons déjà dire que l'absence d'un ami est caractérisé par une coloration rouge (magenta, ou sanguine) de leur bonhomme. A ce stade, signalons pour les novices que les bonhommes se trouvent être des icônes. On n'a pas encore réussi à transplanter des gens dans l'ordi.
Le principe est donc simple. Bonhomme rouge, absence. Bonhomme vert, on peut traverser, euh, je veux dire, parler.
Seulement, MSN s'est amélioré au fil des années et est devenu un fort imprenable où les pièges, les mâchicoulis et les chaudrons d'huile bouillante nous attendent.
Malheureusement, en effet, l'exemple des bonshommes se révèle trop basique, et ne résiste pas à l'analyse. Coexistent des cas particuliers.
1) Bonhomme vert mais surmonté d'un sens interdit
La métaphore routière se poursuit. Le sens interdit est un symbole clair et fort, mais hélas discrimine déjà ceux qui n'ont pas le permis de conduire (ne te sens pas visé s'il te plaît).
Cela signale officiellement que l'ami en question est occupé, au téléphone (à préciser en passant le curseur sur le bonhomme). Bref, pas disposé à parler.
Seulement, il arrive parfois que des bonshommes surmontés de ce signe viennent vous parler.
Mais le plus étonnant, c'est la capacité que nous avons tous à aller voir ceux qui l'arborent. Bizarrement, ils nous répondent.
Question: à quoi sert le sens interdit? Je dirais, à donner bonne conscience à ceux qui s'escriment sur un boulot à rendre pour genre, demain. En réalité, dans leur subconscient profond, Freud dit qu'ils ont envie de parler. Alors, soyons gentils, allons leur parler, ils ne demandent que ça.
2) Bonhomme vert mais surmonté d'une horloge
A préciser, l'horloge ne donne pas l'heure (d'aucuns ayant été observés en train de se pencher sur l'écran pour lire les aiguilles qui, pour votre gouverne, indiquent toujours 9h).
Là, c'est un signe de temporalité: la personne n'est pas là (absente) enfin, elle est là quand même vu que le bonhomme est vert, et pas rouge, car rappelez-vous, le rouge signale l'absence également. En général, cela signifie simplement: "casse toi de là, m'approche pas, suis là pour personne" tout en restant un appel au secours (je suis là quand même). On remarquera que ces personnes répondent moins souvent aux sollicitations que les sens interdits. L'horloge peut aussi vouloir dire "de retour dans une minute" ce qui est mon cas préféré: la plupart du temps, on note que notre gestion du temps est tout à fait personnelle et change sensiblement de celle de l'ami. Il est rarement de retour avant....zzzzz
Excusez-moi, je me suis assoupie.
En général, on peut imaginer un panel d'hypothèses réduites, une occupation d'une minute n'est pas difficile à deviner : toilettes, brossage de dents, préparation d'un café ou ruée dans la cuisine. Comme les causes sont limitées pour une durée d'absence aussi basse, c'est l'occasion de montrer à l'ami nos talents de voyants: "tu te lavais les dents ou t'es parti visiter le frigo?"
3) Bonhomme rouge
Hé oui! Ce cas apparemment des plus simples cache en fait la vérité la plus pénible d'MSN. Les blocages.
Expliquons: vous êtes trranquillement en train de pester (ou de vous inquiéter) au sujet de Crystal qui n'a pas refait son apparition depuis des lustres? Et si elle vous bloquait?
En gros, elle est invisible...mais seulement pour vous. Rouge, mais en fait, vert. Elle veut pas de toi, débilos, comprendo?
J'exagère un peu. Une autre solution est envisageable: Crystal vous a parlé à 8h, à 10, à midi et à 20h, matin midi et soir, comme les médocs. Elle estime n'avoir rien de spécifique à ajouter à votre dialogue à 23h. Cela arrive. Même aux meilleur(e)s d'entre v(n)ous.
Il est facile de produire des blocages à répétitions, mais un conseil, ne changez pas de pseudoyme à tire-larigot. Vous pourriez vous faire repérer, même si géographiquement, votre ami bloqué est loin. De même, évitez de bloquer une de vos connaissances, tout en discutant avec une autre de vos connaissances, mais en fait, communes.
Ca donne un truc genre: "ah bon machin te parle? mais il est pas en ligne!". L'humilié essaiera toujours de s'en sortir en faisant mine de croire au lot de consolation de l'ami avec qui il parle: "bah, euh, ton MSN doit déconner!".
Attention donc aux bonshommes rouges et aux conséquences qui peuvent en découler: séparations, divorces, meurtres.
4) Divers
- Les variantes d'MSN genre E-messenger
Ne nous plaignons pas, quand on est au boulot, c'est mieux que rien. Mais c'est vrai que ni smileys, ni photo, ni même fonctionnement correct, c'est pénible. Je note l'obligation de cliquer sur "envoyer" avec la souris pour afficher les phrases, au lieu d'appuyer sur "entrée".
-Les smileys justement
Ces petites bêbêtes jaunes (ou autres) ou "émoticônes" au départ basiques (fait une risette, pleure, fait un clin d'oeil), ont totalement dégénéré en sortes d'hybrides miniatures du genre humain dans sa plus totale décadence. Reprenant aux départs les mimiques phares et universelles des hommes, ils se sont convertis aux coups les plus bas (colère noire, combat de boxe, repassage, sexe). Mais à leur décharge, on peut reconnaître que c'est beaucoup mieux comme ça! Il faut prendre garde tout de même à ne pas les considérer comme nos vrais amis, aux dépens des petits bonshommes verts, qui sont aussi des icônes, mais qui, eux, sont nos vrais amis.
Une fois cet écueil mis de côté, ils évitent bien des malentendus et quiproquos et ont sans doute été inventés afin de contre balancer la courbe ascendante des délits précédemment cités.
N.B: Pour la ptite info, je me prends à imaginer que les smileys n'avaient au départ cet air niais et naïf

que pour mieux nous manipuler. Mis au ban de la société des décennies auparavant, ils se sont organisés en commando spécial et se multiplient grâce aux utilisateurs d'MSN pour prendre le contrôle de la Terre.
Là on voit tout de suite de quoi je veux parler:
smiley de base trompeur:
smiley transitionnel douteux:

smiley qui réfléchit à une stratégie:

smiley totalement autonome et hors de contrôle:

Si les réactions à propos des smileys franchissent la limite de ce blog, je songerai à créer une force antismileys. (Vos pourrez toujours créer un gang de protection des smileys, genre Société Protectrice des Smileys, mais ça ne me facilitera pas la tâche. Rejoignez-moi plutôt dans ma lutte).Tout ça pour dire, mignons et arrangeants soit, mais potentiellement sournois et très dangereux.
- La webcam
Sujet étudié de près en master cette année, sans l'avoir jamais testée (ben ouais, et cormi n'y a vu que du feu), la webcam permet de rendre possible cette folle avancée technologique qu'est la visio. Avec un micro, c'est mieux, mais ça marche pas toujours. J'ai expérimenté récemment la vidéo-oralo-conférence à usage unique. Sur l'écran de l'ami, ma tronche animée en temps réel. Dans ses oreilles, ma voix en temps réelle (oui, c'est fou mais jusqu'ici, il survit quand même).
Mais que nenni de l'autre côté, pas de réciprocité, car non équipage de cam ni de micro. Résultat? Une sensation de monologue tenace qui obtenait quand même des réponses de l'ami non pourvu de cam ni de micro, par écrit, sur MSN.
Exemple:
moi à l'oral: "et tu sais pas quoi? le chien de Madonna a une cicatrice à l'oreille droite! et ça date de blablabla parce que
blabla...........................................................................................................................................................................................................;"
Ami: par écrit: "madonna a un chien?"
Moi: à l'oral "mais comme les bégonias poussent pas en plein désert, ça n'a pas été possible".
Ami: par écrit: "et t'es où là?"
Moi: à l'oral: " Oh mince je viens de casser une lampe..........................blabla.........................................................................................................................à PARIS!
d'ailleurs, j'ai vu Patrick Bruel à Roissy (ça malheureusement, c'est vrai)....................blablalabla et............................t'aimes les macaronis?'"
Ami: par écrit: "à Paris??? t'as vu la Tour Eiffel?"
Voilà qui donne une idée du fil très équilibré de la conversation. Je dis, plus jamais. Ou alors, à armes égales. Ami, achète-toi une cam (tu pourras la revendre dans une semaine quand j'aurai plus accès à celle-là).
- Le départ
Point de loin le plus important: lorsque vous avez envie de quitter MSN, des liens invisibles vous en empêchent. Ils sont souvent sécrétés par un ami qui a décidé de vous raconter le mariage de sa cousine. Alors, pas de quartier, dites-le dès que vous en ressentez le besoin: "je vais y aller" semble approprié.
Seulement, comptez une bonne marge avant la déconnexion effective, mettons 20 minutes. Ces minutes ne seront souvent consacrées qu'aux au-revoir et autres manifestations d'affection telles que: "comment ça, 'gros bisous', je suis pas ta pote!", ou encore: "au fait, si je meurs cette nuit, je te lègue le nain de jardin".
Marge donc nécessaire aux courtoisies finales.
Vous aurez compris que la déconnexion d'MSN est un rite largement codifié dans nos contrées. Pensez toujours à retenir l'ami par une phrase de votre cru, que vous aurez soigneusement omi de lui révéler plus tôt (sans forcément être: "je t'ai trompé Ricky").
Si vous ne retenez pas l'ami, l'ami vous retiendra.
Voilà, c'est tout pour ce petit outil qu'est MSN et qui aura "si peu" changé de choses dans nos vies. (Un mariage, un divorce, ou un meurtre).